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États-Unis : Alibaba, Baidu et BYD placés sur la liste noire du Pentagone

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  • Le département américain de la Défense a ajouté Alibaba, Baidu et BYD à sa liste des entreprises soupçonnées de collaborer avec l’armée chinoise.
  • Une décision qui ravive les tensions technologiques et commerciales entre Washington et Pékin, malgré les efforts diplomatiques en cours entre les deux puissances.

    Le bras de fer technologique entre les États-Unis et la Chine franchit une nouvelle étape. Le ministère américain de la Défense a annoncé l’ajout des géants chinois Alibaba, Baidu et BYD à sa liste des entreprises considérées comme travaillant, directement ou indirectement, avec l’armée chinoise.

Cette désignation, qui concerne également plusieurs acteurs chinois de l’intelligence artificielle et des semi-conducteurs, intervient moins d’un mois après la visite du président américain Donald Trump en Chine. Si elle n’entraîne pas de sanctions immédiates, elle pourrait toutefois compliquer les relations commerciales entre ces groupes et des partenaires américains, qu’ils soient publics ou privés.

Une liste à forte portée symbolique

La nouvelle version de la liste publiée par le Pentagone reprend largement une mouture brièvement diffusée en février. Deux entreprises chinoises spécialisées dans les puces électroniques y font désormais leur apparition, illustrant la volonté de Washington de renforcer son contrôle sur les secteurs jugés stratégiques.

Pour John Moolenaar, député républicain et président de la commission spéciale de la Chambre des représentants sur la Chine, cette liste doit être perçue comme un signal d’alerte. Elle « constitue un avertissement pour les entreprises américaines, les pouvoirs publics et la population américaine », a-t-il déclaré dans un communiqué.

L’élu a également appelé les entreprises américaines à « cesser de faire des affaires » avec ces groupes qui, selon lui, « menacent notre sécurité nationale ».

L’intelligence artificielle au cœur des inquiétudes américaines

Au-delà des activités traditionnelles de commerce électronique, de recherche en ligne ou d’automobile électrique, la présence d’Alibaba, Baidu et Tencent sur cette liste souligne l’importance croissante de l’intelligence artificielle dans la rivalité stratégique sino-américaine.

Washington considère désormais les technologies liées à l’IA, aux semi-conducteurs avancés et aux infrastructures numériques comme des enjeux majeurs de sécurité nationale. Depuis plusieurs années, les autorités américaines multiplient les restrictions visant les entreprises technologiques chinoises, limitant notamment leur accès à certains composants de pointe et encadrant les investissements américains dans des secteurs sensibles.

Cette nouvelle décision s’inscrit dans cette stratégie plus large de réduction des dépendances technologiques vis-à-vis de Pékin.

 Pékin dénonce une décision « injustifiée »

La réaction chinoise a été immédiate. Par la voix de Lin Jian, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Pékin a dénoncé une mesure arbitraire et a appelé Washington à « corriger ses pratiques erronées et à cesser de réprimer les entreprises chinoises de manière injustifiée ».

Cette polémique survient dans un contexte diplomatique délicat. Alors que les tensions restent vives sur les questions commerciales, technologiques et sécuritaires, le président chinois Xi Jinping est attendu à Washington en septembre, selon les informations relayées par les autorités américaines et plusieurs médias internationaux.

Alibaba et Baidu contestent fermement les accusations

Les entreprises concernées ont rapidement rejeté les accusations du Pentagone.Baidu a qualifié cette désignation d’infondée, affirmant que « l’allégation selon laquelle Baidu serait une entreprise militaire est totalement infondée ». Le groupe a ajouté être prêt à « employer tous les moyens » afin d’obtenir son retrait de la liste.

Alibaba a adopté une position similaire. Dans un communiqué, le géant du commerce électronique estime que son inscription est « dénuée de fondement » et affirme ne pas être « une entreprise militaire chinoise » ni participer à une quelconque stratégie d’« assimilation civilo-militaire ».

Le groupe précise également que cette décision n’aura « aucune incidence sur les activités courantes du groupe aux États-Unis ni dans le reste du monde », ses activités n’étant pas liées aux marchés publics de l’armée américaine. Alibaba assure en outre que cette inscription « n’entraînera aucune autre restriction aux exportations ni aucune sanction » et se réserve la possibilité d’engager des recours juridiques.

Une rivalité technologique appelée à durer

Au-delà du cas d’Alibaba, Baidu et BYD, cette décision illustre la montée en puissance de la confrontation stratégique entre les deux premières économies mondiales.

Les technologies de pointe, l’intelligence artificielle, les semi-conducteurs et les infrastructures numériques sont devenus des terrains majeurs de compétition géopolitique. Dans ce contexte, les listes noires, restrictions à l’exportation et contrôles des investissements s’imposent comme des instruments centraux de la politique américaine à l’égard de la Chine.

La Rédactionhttps://echosplus.com
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