- Le Rassemblement national a donné le coup d’envoi de sa rentrée politique ce dimanche 6 octobre à Nice.
- Marine Le Pen et Jordan Bardella ont dévoilé leur plan d’action : une « campagne permanente » jusqu’aux prochaines élections, marquée par des meetings mensuels visant à mobiliser leurs partisans et à se préparer pour l’échéance de 2027.
Le Rassemblement national (RN) a fait sa rentrée politique ce dimanche 6 octobre lors d’un meeting au palais Nikaïa de Nice. Cet événement marque le lancement d’une « campagne permanente » en vue des élections législatives anticipées et des élections présidentielles de 2027. Marine Le Pen et Jordan Bardella ont présenté leurs objectifs pour les années à venir devant plus de 5 000 militants, avec un programme politique chargé de meetings mensuels. Retour sur cette journée et sur les enjeux à venir pour le parti d’extrême droite.
Marine Le Pen et Jordan Bardella lancent la « campagne permanente »
Le slogan « Jusqu’à la victoire » affiché sur les écrans a donné le ton du meeting. Marine Le Pen et Jordan Bardella ont présenté leur stratégie électorale : une campagne continue jusqu’en 2027, avec pour objectif de renforcer leur présence sur la scène politique française et de préparer le parti à gouverner. Le RN veut éviter les erreurs du passé, notamment celles des dernières législatives, où certaines candidatures avaient affaibli l’image du parti.
Le calendrier de cette campagne permanente inclura des meetings réguliers, à raison d’un par mois. Ce dimanche 6 octobre à Nice, Marine Le Pen a insisté sur la nécessité d’agir dès maintenant pour préparer les échéances futures. « La prochaine campagne a déjà commencé », a-t-elle déclaré, galvanisant ainsi ses partisans présents.

La stratégie annoncée par Marine Le Pen repose sur une présence constante dans l’espace médiatique et politique. Avec un meeting mensuel, le RN souhaite maintenir une forte mobilisation de ses militants et attirer de nouveaux soutiens. Cette stratégie vise à contrer les critiques sur le manque de programme concret du parti, tout en le positionnant comme une alternative sérieuse au pouvoir en place.
Dans cette perspective, Jordan Bardella a rappelé l’importance des batailles à venir, soulignant que le combat politique du RN ne fait que commencer. « C’est ici et maintenant que tout commence », a-t-il affirmé, annonçant ainsi la volonté du RN de devenir un acteur incontournable des futures échéances électorales.
Des tensions politiques et judiciaires en toile de fond
Cette rentrée politique intervient dans un contexte judiciaire tendu pour Marine Le Pen, actuellement jugée pour détournement de fonds publics dans l’affaire des assistants d’eurodéputés du RN. Cette affaire, bien que compromettante, n’a pas empêché la cheffe de file du RN de s’attaquer à Bruno Retailleau, le ministre de l’Intérieur, lors de son discours.
Elle s’est notamment positionnée en défenseure de l’État de droit, critiquant les propos de Retailleau qui a déclaré que l’État de droit n’était « ni sacré, ni intangible ». Marine Le Pen, dans une volonté de se présenter comme une figure responsable, a défendu les valeurs démocratiques tout en dénonçant les gouvernements successifs d’avoir utilisé l’État de droit pour « soumettre les peuples ». Ce double discours montre la difficulté pour le RN de s’affirmer à la fois comme un parti respectueux des institutions et comme un parti antisystème.
Quel positionnement pour le RN ?
La principale difficulté pour le RN réside dans sa position actuelle. N’étant pas au pouvoir, le parti doit composer avec les décisions du gouvernement Michel Barnier tout en évitant de se positionner comme un simple soutien de l’exécutif. Marine Le Pen a laissé entendre que, bien que son parti soutienne certains aspects du gouvernement, il n’hésitera pas à le faire tomber si nécessaire.
Cette posture délicate, entre opposition et soutien critique, place le RN dans une position inconfortable, surtout face à un Bruno Retailleau multipliant les déclarations sur l’immigration et la sécurité, deux thèmes chers au RN. Marine Le Pen a d’ailleurs qualifié Retailleau d’« ardent défenseur du programme régalien » du RN, marquant ainsi son soutien sur certains points, tout en maintenant une distance critique.
