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vendredi, mars 20, 2026
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Lutte contre les violences sexuelles, prisons, garde à vue : Gérald Darmanin dévoile ses priorités

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  • Lors de sa première apparition télévisée depuis sa nomination, Gérald Darmanin a annoncé une série de mesures pour renforcer la lutte contre les violences sexuelles et moderniser les prisons.
  • Des réformes qui interviennent dans un climat déjà marqué par la controverse.

Invité du 20H de TF1 pour sa première interview télévisée depuis sa nomination, le nouveau ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a détaillé plusieurs propositions destinées à renforcer la lutte contre les violences sexuelles aggravées et à moderniser le système carcéral. Ces annonces, faites dans un contexte de controverse, suscitent déjà de vives réactions.

Une garde à vue prolongée pour les cas de violences sexuelles aggravées

Lors de cet entretien, Gérald Darmanin a proposé de prolonger la durée maximale de la garde à vue pour les suspects impliqués dans des cas de violences sexuelles aggravées et de féminicides. Actuellement limitée à 48 heures, cette durée pourrait passer à 72 heures.

« Cela permettra de protéger la femme qui a été menacée, violentée et agressée, de faire les constatations de la police technique et scientifique et d’interroger plus longuement le suspect », a expliqué le ministre.

Cette mesure, qualifiée de « proposition forte » par le garde des Sceaux, a pour objectif d’offrir aux autorités judiciaires davantage de temps pour réunir les preuves et garantir la sécurité des victimes. « Ce sera 72 heures au maximum, évidemment le procureur de la République pourra lever la garde à vue quand il le souhaite », a-t-il précisé.

Une nomination controversée

La nomination de Gérald Darmanin au poste de ministre de la Justice a provoqué des critiques. Désigné en début de semaine dans le gouvernement Bayrou, Darmanin est arrivé dans un climat tendu, notamment après le procès des viols de Mazan, où Dominique Pelicot a été condamné à 20 ans de prison pour avoir drogué sa femme et l’avoir livrée à des dizaines d’hommes.

Des collectifs féministes ont fermement dénoncé cette nomination. Certains y voient un signal négatif, rappelant que le ministre a lui-même été accusé par deux femmes de viol et d’abus de faiblesse. Les affaires avaient toutefois été classées : l’une par un non-lieu, l’autre sans suite. Ces accusations continuent d’alimenter la polémique.

Vers un « nettoyage des prisons »

Le ministre a également abordé la situation des prisons lors de son déplacement dans la Somme et l’Oise. Il a affirmé vouloir « nettoyer les prisons », une expression qu’il a précisée lors de son entretien sur TF1 : « Je vais demander à l’administration pénitentiaire de ‘nettoyer’ au sens compréhensible du terme, c’est-à-dire le fait que les détenus ne puissent pas avoir de téléphone portable dans les prisons. »

Pour cela, il envisage des solutions techniques visant à généraliser le brouillage du réseau téléphonique dans les établissements pénitentiaires. Cette initiative s’inscrit dans une volonté plus large d’améliorer la sécurité et le fonctionnement des prisons.

Une justice plus rapide et plus efficace

Par ailleurs, Gérald Darmanin a insisté sur la nécessité de rendre la justice plus rapide. « Aujourd’hui, le problème de la justice, c’est sa lenteur. Pourtant, les magistrats et les greffiers font un travail formidable », a-t-il déclaré.

Le ministre préconise la création de centres de détention à taille humaine, où les détenus condamnés à de courtes peines seraient isolés de ceux purgeant des peines plus longues. « Il ne faut pas les mélanger avec d’autres personnes qui ont des peines plus importantes », a-t-il ajouté, insistant sur l’importance d’une détention pédagogique et adaptée.

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