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Bercy multiplie les consultations pour débloquer le budget 2025

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  • Entre promesses de rigueur budgétaire et impératifs sociaux, le ministère de l’Économie cherche à bâtir un consensus face à une opposition fragmentée.
  • Objectif : définir les contours d’un budget 2025 sous pression, où chaque décision est scrutée avec minutie.

Le ministère de l’Économie s’active dans une série de consultations stratégiques pour élaborer le budget 2025. Ce mardi 7 janvier, Éric Lombard, ministre de l’Économie, et Amélie de Montchalin, ministre des Comptes publics, ont reçu successivement plusieurs figures politiques dans un contexte où chaque mot et chaque proposition sont scrutés avec attention.

Une consultation tous azimuts

Après avoir reçu les socialistes la veille, le ministre de l’Économie a accueilli ce matin Édouard Philippe, maire du Havre et président du parti Horizons. L’ancien Premier ministre, accompagné de plusieurs cadres de son mouvement, a déclaré vouloir « un budget intelligent qui permette de mettre les finances publiques en bon ordre » tout en prônant une réduction des dépenses « partout où c’est possible ». Il a également insisté sur la nécessité de « limiter la pression fiscale », un point central de sa vision pour l’avenir économique du pays.

Dans l’après-midi, le ministre a reçu Mathieu Darnaud, président du groupe Les Républicains au Sénat. Celui-ci a mis en avant les prioritisés de son parti : « Nous ne voulons pas de mesures récessives », a-t-il affirmé. Parmi les points majeurs évoqués figurent la baisse des dépenses de l’État, le soutien aux collectivités territoriales, et la non-augmentation des impôts. Darnaud a également exhorté le gouvernement à reprendre rapidement l’examen des textes budgétaires au Sénat.

Les socialistes appellent au dialogue

Du côté des socialistes, Olivier Faure, premier secrétaire du PS, a appelé à « avancer » sur les questions budgétaires. Bien que dans l’opposition, il s’est montré ouvert à un compromis avec François Bayrou, déclarant : « Nous aurions pu être dans une opposition totale et considérer que rien n’est possible avec ce gouvernement. » Toutefois, il a rappelé les divergences passées, notamment sur la réforme des retraites à 64 ans, qui reste un point de friction majeur.

Éric Lombard, pour sa part, a souligné sur France Inter les « perspectives d’un dialogue fécond » avec le PS. Ce dialogue semble indispensable pour le gouvernement, qui a besoin des 66 députés socialistes pour faire adopter son budget de l’État et de la sécurité sociale dans les prochains mois.

Un budget scruté à la loupe

Édouard Philippe a prévenu : « Pas d’augmentation d’impôts, c’est la capacité à soutenir le pouvoir d’achat des Français. » Une vision partagée par de nombreux acteurs politiques, mais qui complique l’équation budgétaire pour l’exécutif. Entre la réduction des dépenses publiques et le maintien des services essentiels, le chemin est étroit.

Pour Olivier Faure, l’enjeu reste de garantir une justice sociale dans les mesures à venir. Cependant, le spectre d’une censure plane, si des « concessions remarquables » ne sont pas faites. Cette menace a été renforcée par les propos de Faure sur France Inter : « Nous espérons un dialogue, mais cela n’ira pas sans engagements forts. »

Alors que les consultations se poursuivent, le budget 2025 s’annonce comme un exercice d’équilibrisme politique. Chaque parti avance ses revendications, mais l’urgence d’un consensus est palpable pour éviter un blocage parlementaire et/ou une mention de censure.

 

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