Invité mercredi soir sur France 2, François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, a exposé sa vision pour réduire le déficit public français. Il a notamment déclaré que cette réduction pourrait passer par « certaines hausses d’impôts ciblées« , mais qu’elle devrait surtout s’appuyer sur « des dépenses mieux maîtrisées et plus efficaces« . Une trajectoire qu’il juge « tout à fait crédible, si nous agissons« .
Le gouverneur a appelé à ramener le déficit public à un niveau « le plus proche possible de 5% du PIB » en 2025, tout en fixant un cap à moyen terme de 3% en 2029. « Il faut revenir cette année à un déficit le plus proche possible de 5% du PIB, et clairement inférieur à 5,5%. Et il faut aussi fixer un cap de moyen terme, celui de 3% de déficit en 2029« , a-t-il déclaré.
Pour atteindre ces objectifs, François Villeroy de Galhau propose une stratégie en deux phases. La première phase consistera en des hausses d’impôts ciblées, visant à ajuster les finances publiques de manière précise. La deuxième phase, quant à elle, se concentrera sur la maîtrise des dépenses publiques. Cette approche impliquera une gestion plus rigoureuse et plus efficace des dépenses, non seulement de l’État, mais également des collectivités locales et des administrations sociales.
Le gouvernement, actuellement en discussions avec les forces politiques, vise un effort budgétaire d’environ 50 milliards d’euros. Cet effort devrait permettre de ramener le déficit public entre 5% et 5,5% du PIB, contre 6,1% attendus pour 2024.
Croissance économique : des prévisions prudentes
Sur le front de la croissance économique, les prévisions sont modérées. La Banque de France anticipe une croissance du PIB de0,9% pour 2025, légèrement en deçà des 1,1% prévus initialement par le gouvernement. « Malgré des risques sur ce chiffre (…) à la baisse, nous ne voyons pas aujourd’hui de récession« , a rassuré François Villeroy de Galhau.
Il a ajouté que « la reprise attendue devrait intervenir en 2026 et 2027 avec une croissance autour de 1,3% – sous réserve d’une diminution progressive des incertitudes cette année« . Le gouverneur a également affirmé que le redressement budgétaire ne devrait pas entraver la croissance : « Je veux dire une conviction très forte : c’est que le redressement budgétaire ne pénalisera pas la croissance, au contraire. Parce que l’inquiétude sur la dette qui existe chez les Français entraîne un attentisme. Les entrepreneurs diffèrent leurs investissements et les ménages diffèrent leur consommation. »
Une bonne nouvelle pour l’immobilier
Autre sujet d’importance : la baisse des taux des crédits immobiliers. Selon la Banque de France, ces taux sont passés sous la barre des 3,4% en novembre 2024, contre plus de 4% en janvier de la même année. « Nous allons bientôt publier les chiffres de taux sur le mois de novembre : en moyenne les crédits immobiliers, qui étaient à plus de 4% il y a un an, en janvier 2024, en novembre ils sont tombés en moyenne en-dessous de 3,4% », a précisé le gouverneur.
Cette « baisse forte » s’explique par la diminution de l’inflation, prévue à environ 1,5% en 2025. « L’inflation, qui était la maladie aiguë de l’économie française, est en voie de guérison« , a-t-il affirmé.
« D’ailleurs les Français recommencent à emprunter. C’est une bonne nouvelle pour un redémarrage progressif de l’immobilier », s’est-il félicité. Cette tendance est renforcée par des offres commerciales attractives des banques, qui favorisent les prêts sur de longues durées afin de solvabiliser un maximum de ménages.
Une opportunité pour les emprunteurs
Avec cette amélioration des conditions de crédit, c’est le moment idéal pour les ménages souhaitant investir dans l’immobilier. « Les banques ont bien amorcé un retour en force sur le marché du crédit« , a noté François Villeroy de Galhau, « elles favorisent les prêts sur de longues durées afin de solvabiliser un maximum de ménages. »
