En 2024, la France a enregistré une hausse en matière de création d’entreprises. Avec plus de 1,11 million de nouvelles structures, le dynamisme entrepreneurial français a bondi de 5,7 % par rapport à l’année précédente, selon les chiffres publiés vendredi par l’Insee. Une performance remarquable, bien qu’entachée par un ralentissement en fin d’année.
Les micro-entrepreneurs, moteur de la croissance
Les micro-entrepreneurs se distinguent comme les principaux contributeurs à ce record. En 2024, les immatriculations dans ce régime ont bondi de 7,3 %, représentant 64,5 % des nouvelles entreprises créées, soit 716 194 structures. Les sociétés suivent cette tendance avec une hausse de 5,4 % et 284 564 créations, équivalant à 25,6 % du total. En revanche, les entreprises individuelles classiques affichent un recul de 3,2 %, avec 110 480 nouvelles entités.
Une fin d’année en demi-teinte
Si l’ensemble de l’année affiche une progression notable, le mois de décembre montre un essoufflement. Les données corrigées des variations saisonnières (CVS-CJO) indiquent 93 165 créations d’entreprises, soit une baisse de 1,6 % par rapport à novembre. Ce recul s’observe notamment dans le commerce (-6,1 %), les activités immobilières (-13,8 %) et les activités financières et d’assurance (-11,6 %).
Des contrastes sectoriels marqués
L’année 2024 met en évidence des évolutions contrastées selon les secteurs. Les services aux entreprises (+1,3 %) et aux ménages (+1,5 %) poursuivent leur progression, tandis que la construction reste stable (-0,1 %). À l’inverse, certains secteurs connaissent des variations mensuelles plus prononcées, témoignant de leur sensibilité à la conjoncture économique.
Une hausse notable des défaillances
Cette vitalité entrepreneuriale s’accompagne toutefois d’une augmentation des défaillances d’entreprises. La Banque de France a recensé 65 764 défaillances en 2024, soit une hausse de 16,8 % par rapport à 2023. Cette augmentation s’explique en partie par un « effet de rattrapage » lié aux mesures de soutien durant la crise sanitaire.
Les secteurs les plus vulnérables
- Immobilier : +31,2 % de défaillances en un an.
- Transports et entreposage : +30,7 % sur la même période.
- Finance et assurance : +26,9 %.
- Construction : +24,8 % par rapport à 2023, mais proche de la moyenne pré-Covid.
Les moyennes entreprises enregistrent la plus forte progression des défaillances (+34 %), tandis que les ETI et grandes entreprises stabilisent leurs chiffres, bien qu’à des niveaux supérieurs à ceux de la décennie pré-Covid.
Une économie à surveiller
Le record de créations d’entreprises en 2024 illustre la vitalité économique de la France, mais l’augmentation des défaillances rappelle les défis auxquels les entrepreneurs doivent faire face. La poursuite de cette dynamique positive en 2025 dépendra largement des conditions économiques et des politiques publiques mises en place pour soutenir l’entrepreneuriat.
