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vendredi, mars 20, 2026
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Union européenne assouplit ses sanctions contre la Syrie, sous réserve de réformes politiques et sociales

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  • L’Union européenne a franchi un pas important lundi en annonçant une suspension partielle de ses sanctions contre la Syrie.
  • Cette décision, approuvée par les ministres des Affaires étrangères des États membres de l’UE, marque un tournant dans la politique européenne à l’égard de Damas.
  • Toutefois, l’allègement des sanctions est conditionné aux progrès réalisés par les nouvelles autorités syriennes, notamment en matière de droits humains, de protection des minorités et de gouvernance inclusive.

La mesure adoptée par l’UE concerne principalement les secteurs de la banque, de l’énergie et des transports, jugés cruciaux pour accélérer la reconstruction du pays, ravagé par plus d’une décennie de guerre civile. Ces secteurs sont également perçus comme des leviers pour renforcer la stabilité et normaliser les relations financières avec l’Union européenne, qui demeure le plus grand donateur international de la Syrie.

« À l’heure actuelle, nous avons une décision politique et une feuille de route« , a déclaré Kaja Kallas, cheffe de la diplomatie européenne, après l’approbation de la feuille de route. « Si nous constatons des progrès dans la bonne direction, nous sommes prêts à assouplir les prochaines sanctions« , a-t-elle ajouté.

Cependant, la responsable européenne a précisé que la suspension des sanctions dépendra de « questions techniques » qui doivent encore être réglées avant d’entrer en vigueur. « Parce que la volonté politique est là, j’espère que ces questions seront résolues dans les semaines à venir« , a-t-elle souligné.

Condition de levée des sanctions : respect des droits humains et des minorités

 L’UE a insisté sur le fait que cet assouplissement n’est qu’une étape temporaire et que d’autres restrictions seront maintenues jusqu’à ce que des progrès concrets soient observés sur le terrain. La levée totale des sanctions, selon Bruxelles, dépendra du respect des droits humains, de l’inclusivité dans la transition politique et de la protection des minorités religieuses et ethniques en Syrie.

« Nous voulons encourager le nouveau gouvernement, les dirigeants et l’administration en Syrie à être vraiment inclusifs dans toutes leurs prises de décision et dans la planification de l’avenir« , a déclaré Eliena Valtonen, ministre finlandaise des Affaires étrangères. « Nous avons beaucoup d’espoir, mais en même temps, nous restons vigilants« , a-t-elle ajouté, soulignant la nécessité de mesures concrètes pour assurer une transition pacifique et inclusive.

Les autorités syriennes, pour leur part, ont assuré qu’un comité d’experts représentant les différentes factions du pays, y compris des femmes, serait chargé de rédiger une nouvelle constitution qui garantirait l’inclusivité dans l’ère post-Bachar al-Assad.

Ahmed al-Charaa, leader de Hayat Tahrir al-Cham (HTC), a précisé que ce processus pourrait prendre plusieurs années avant de produire des résultats tangibles, avertissant que des élections pourraient ne pas avoir lieu avant quatre ans, faute de recensement national. « Nous voulons que la constitution dure le plus longtemps possible« , a-t-il insisté.

L’UE face à des engagements incertains

Bien que l’assouplissement des sanctions soit perçu positivement par certains, la situation en Syrie demeure complexe. Les autorités syriennes se sont engagées à démanteler les forces rebelles, à mettre en place une économie de marché et à rompre les accords militaires avec la Russie. Cependant, ces engagements restent à concrétiser sur le terrain, et l’UE a clairement indiqué qu’elle surveillerait de près leur mise en œuvre.

« Nous sommes toujours préoccupés par la radicalisation et ce qui pourrait se produire« , a averti Kaja Kallas, soulignant que l’UE resterait vigilante face à la menace de groupes terroristes, notamment l’État islamique, dont les activités restent une source d’inquiétude.

Jean-Noël Barrot, ministre français des Affaires étrangères, a quant à lui précisé que la suspension des sanctions devait être accompagnée d’une « transition politique impliquant tous les Syriens« . « Cette transition doit inclure des mesures résolues pour empêcher l’État islamique de se reconstruire« , a-t-il déclaré.

 La communauté internationale en soutien à la reconstruction

La décision d’alléger les sanctions fait suite aux appels répétés des autorités syriennes et des ONG humanitaires, qui insistent sur la nécessité de lever les restrictions économiques pour permettre l’acheminement de l’aide humanitaire et relancer la reconstruction du pays.

Ahmed al-Charaa, leader de Hayat Tahrir al-Cham, a souligné l’importance de cet assouplissement pour permettre un flux d’aide humanitaire plus important. Les experts estiment que la reconstruction de la Syrie nécessitera plusieurs milliards de dollars et que l’aide internationale est indispensable pour stabiliser le pays.

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