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Bernard Arnault fustige la surtaxe d’impôt sur les grandes entreprises

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  • Le gouvernement veut alourdir la fiscalité des grandes entreprises, mais cette décision ne fait pas l’unanimité.
  • Bernard Arnault, leader du groupe LVMH, redoute un impact négatif sur l’attractivité économique de la France et n’exclut pas une délocalisation.

Mardi 28 janvier, lors de la présentation des résultats annuels de LVMH, Bernard Arnault s’est exprimé avec virulence contre la surtaxe d’impôt sur les sociétés prévue dans le budget 2025. Le patron du géant du luxe dénonce une mesure qui pénaliserait les entreprises françaises et pourrait favoriser la délocalisation.

Une surtaxe jugée excessive

Le gouvernement prévoit d’augmenter l’impôt sur les sociétés de 20,6 % pour les entreprises réalisant un chiffre d’affaires entre 1 et 3 milliards d’euros, et de 41,2 % pour celles dépassant 3 milliards d’euros. Cette mesure, qui devrait rapporter 8 milliards d’euros en 2025 puis 4 milliards en 2026, inquiète les grands patrons.

Bien que le ministre de l’Économie ait assuré qu’elle ne s’appliquerait que sur un an, Bernard Arnault s’est montré sceptique : « Personne n’y croit, une fois qu’on a augmenté les impôts de 40 %, qui va les baisser de 40 % ? » a-t-il déclaré en conférence de presse.

Une menace pour le « Made in France »

De retour des États-Unis, le PDG de LVMH a dénoncé cette surtaxe comme une « taxation du made in France« . « Quand on revient en France et qu’on voit qu’on s’apprête à augmenter de 40 % les impôts des entreprises qui fabriquent en France, c’est incroyable. Pour pousser à la délocalisation, c’est idéal ! », a-t-il fustigé.

Comparant la situation avec les États-Unis, où il a assisté à l’investiture de Donald Trump, il a mis en avant « le vent d’optimisme » qui y souffle actuellement. « Aux USA, les impôts vont descendre à 15 %, les ateliers sont subventionnés dans une série d’États et le président encourage ça. »

LVMH pourrait-il délocaliser ?

Face à cette pression fiscale, Bernard Arnault a laissé planer le doute sur l’avenir de certaines activités du groupe en France. « Dans l’environnement actuel, c’est quelque chose qu’on regarde sérieusement », a-t-il confié, ajoutant que LVMH était « fortement sollicité par les autorités américaines ».

Enfin, il a ironisé sur le manque de dialogue avec le gouvernement français : « On a proposé d’autres solutions, mais évidemment la bureaucratie… »

Une politique fiscale contestée

Ce projet de surtaxe relance le débat sur l’attractivité économique de la France et sa capacité à retenir ses grandes entreprises. Alors que le gouvernement cherche à réduire le déficit public, cette mesure pourrait avoir des conséquences sur l’investissement et l’emploi.

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