- Ce lundi, l’Assemblée nationale est le théâtre d’un nouvel affrontement politique avec l’examen de la troisième motion de censure en moins d’une semaine.
- En cause : une nouvelle application de l’article 49.3 par le Premier ministre François Bayrou pour faire adopter une autre partie du budget de la Sécurité sociale.
- Ce recours controversé suscite une levée de boucliers parmi les oppositions, qui dénoncent un passage en force.
La gauche en opposition frontale
Jérôme Guedj, député socialiste, a vivement critiqué le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS). « Le PLFSS n’est plus le bon outil », a-t-il affirmé, soulignant que « votre PLFSS ne parle pas suffisamment des besoins, mais se focalise sur la question des moyens ». Il a insisté sur la nécessité d’un financement plus juste et a appelé à un « Grenelle » sur le sujet.
Sandrine Rousseau, pour le groupe des écologistes, a accusé François Bayrou de vouloir « fracturer la gauche ». « Le projet du Nouveau Front populaire ne vous plaît pas, alors vous mettez toute votre énergie à le bloquer », a-t-elle déclaré, avant de conclure : « Nous, nous voterons la censure ».
La droite et le centre entre soutien et modération
Thibault Bazin, député de la droite républicaine et rapporteur du budget de la Sécurité sociale, a dénoncé un « comique de répétition » de La France insoumise, rappelant que trois motions de censure avaient été déposées en seulement sept jours. Il a plaidé pour « l’adoption dans les meilleurs délais du budget de la Sécurité sociale ».
Nicolas Turquois, député Les Démocrates, a accusé La France insoumise d’une démarche purement obstructionniste. « L’intention des députés de La France insoumise sur cette nouvelle motion de censure n’a rien à voir spécifiquement avec le contenu de cette seconde partie du projet de loi de financement de la Sécurité sociale », a-t-il lancé. « Ils sont dans un travail de sape systémique de nos institutions », a-t-il ajouté, affirmant que « censurer la partie deux (du PLFSS) reviendrait à nier les fondements mêmes de la Sécurité sociale ».
François Gernigon, pour le groupe Horizons et indépendants, a défendu le gouvernement et son recours au 49.3. « Ce budget de la Sécurité sociale, nous le soutenons car il est nécessaire, il n’est pas parfait certes, mais ce qui compte, c’est l’action, le progrès, c’est la volonté de préserver un système social dont nous sommes fiers tout en sachant qu’il devra être réformé en profondeur », a-t-il déclaré. « Cette motion de censure, à l’inverse, est l’incarnation de l’inaction, du blocage intéressé de nos institutions », a-t-il fustigé.
Le groupe Liot entre prudence et vigilance
Stéphane Viry, député Liot, a adopté une posture plus mesurée, affirmant que son groupe ne voterait pas la motion de censure, sans pour autant soutenir le PLFSS. « Nous devons renouer avec davantage de justice sociale », a-t-il plaidé. Il a toutefois prévenu : « Si nous ne votons pas les motions de censure qui accompagnent chacun de vos 49.3, cela ne signifie pas pour autant que nous soutenons ce PLFSS ».
Si la motion de censure a peu de chances d’être adoptée, elle reflète les tensions croissantes entre l’exécutif et les oppositions. Entre critiques sur le manque de débat, accusations de passage en force et nécessité d’un compromis budgétaire, l’équilibre politique reste fragile.
