L’Union européenne a réagi avec fermeté à l’annonce par Donald Trump de l’imposition de nouveaux droits de douane sur l’acier et l’aluminium. Ce mardi 11 février, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a déclaré que l’UE mettrait en place des contre-mesures « fermes et proportionnées« , soulignant l’injustice de ces taxes supplémentaires.
Une réaction forte contre des droits de douane « injustifiés »
La guerre commerciale entre les États-Unis et l’Europe prend un nouveau tournant. Donald Trump a signé un décret imposant des droits de douane de 25 % sur l’acier et l’aluminium entrant sur le marché américain, sans exception, à partir du 12 mars 2025. Ces droits de douane s’appliquent désormais même aux pays précédemment exemptés, dont les membres de l’Union européenne.
« Les droits de douane injustifiés imposés à l’UE ne resteront pas sans réponse : ils donneront lieu à des contre-mesures fermes et proportionnées« , a assuré Ursula von der Leyen lors d’une déclaration officielle. La présidente de la Commission européenne a réitéré la détermination de l’UE à défendre ses intérêts économiques face à ces nouvelles sanctions américaines.
Des appels à l’unité au Parlement européen
Le chancelier allemand Olaf Scholz a également pris la parole pour appeler à une réaction commune de l’UE. Selon lui, la solidarité européenne est essentielle face à cette crise commerciale. « Nous bénéficions de l’Europe comme aucun autre pays. Nous sommes le plus grand pays exportateur. Si l’UE est visée par les droits de douane américains, comme c’est déjà le cas pour l’acier et l’aluminium, alors nous sommes plus dépendants de la solidarité européenne que n’importe quel autre pays« , a-t-il déclaré.
Le ministre français de l’Industrie, Marc Ferracci, a appuyé cette position, insistant sur le fait qu’une réponse unifiée est indispensable. « Ça peut avoir des effets indirects […]. Il faut que l’Europe réponde de manière unie […] et il faut répondre de manière ferme« , a-t-il déclaré dans une interview à TF1. Cette unité est également soulignée par le président Emmanuel Macron, qui a affirmé sur CNN dimanche dernier que « les Européens doivent être prêts à réagir » face à de nouvelles annonces.
Au Parlement européen, les appels à l’unité se multiplient. Jörgen Warborn, eurodéputé, a souligné l’importance d’une réponse commune de l’UE : « L’UE doit rester unie. La fragmentation affaiblira notre processus. » De son côté, l’eurodéputée socialiste Iratxe García a insisté sur le fait que les mesures de rétorsion devraient viser spécifiquement « une partie de l’économie américaine« , ajoutant que « Trump a choisi la mauvaise voie » en aggravant les tensions commerciales.
Les conséquences sur l’économie européenne
Ce n’est pas la première fois que Donald Trump utilise la menace des droits de douane contre l’Europe. Lors de sa première présidence, il avait déjà imposé des taxes de 25 % sur l’acier et de 10 % sur l’aluminium, une mesure qui avait provoqué une riposte immédiate de la part de l’UE.
Cette fois, les contre-mesures européennes pourraient inclure des droits de douane ciblés sur des produits américains, comme cela avait été le cas en 2018, avec des sanctions visant des produits emblématiques comme le bourbon ou les motos Harley-Davidson.
Mais les conséquences économiques risquent d’être plus lourdes cette fois-ci. Selon les experts, environ 25 % des exportations européennes d’acier sont destinées aux États-Unis, et cette nouvelle taxe pourrait donc affecter sérieusement l’industrie sidérurgique européenne, déjà fragilisée par la concurrence internationale et la baisse de la demande dans le secteur automobile.
