Les principaux dirigeants européens se retrouvent ce lundi à Paris à l’invitation du président français Emmanuel Macron. Cette réunion de travail, confirmée dimanche 16 février par Jean-Noël Barrot sur France Inter, portera sur la sécurité européenne, mais les détails des participants n’ont pas été précisés.
Une rencontre post-Munich sous haute tension
Ce sommet européen intervient au lendemain de la Conférence sur la sécurité de Munich, marquée par des déclarations polémiques du vice-président américain J.D. Vance. Ce dernier a critiqué l’Union européenne, l’accusant de ne pas respecter la liberté d’expression et laissant entendre que Washington pourrait engager des négociations sur l’Ukraine sans impliquer les Européens.
Jean-Noël Barrot a vivement réagi en affirmant que « nous n’avons pas de leçon à recevoir » et que « nous protégerons notre démocratie et notre débat public, ce sont nos biens les plus précieux« .
Les enjeux de la réunion : Ukraine et coopération européenne
Au cœur des discussions figurera la situation en Ukraine. Jean-Noël Barrot a réaffirmé que « seuls les Ukrainiens peuvent décider d’arrêter de combattre, et nous les soutiendrons tant qu’ils n’auront pas pris cette décision« .
Le chef de la diplomatie française a ajouté que « les Ukrainiens n’arrêteront jamais tant qu’ils ne seront pas sûrs que la paix qui leur est proposée sera durable » et qu’ils disposeront de garanties de sécurité. « Qui apportera les garanties ? Ce seront les Européens« , a-t-il insisté, réaffirmant que « oui, les Européens seront d’une manière ou d’une autre partie prenante aux discussions » pour mettre fin à la guerre en Ukraine.
Un sommet rassemblant les principales puissances européennes
L’Élysée a confirmé la participation des chefs de gouvernement de l’Allemagne, du Royaume-Uni, de l’Italie, de la Pologne, de l’Espagne, des Pays-Bas et du Danemark. Le président du Conseil européen Antonio Costa, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le Secrétaire général de l’Otan Mark Rutte seront également présents.
L’objectif de cette réunion est de poser les bases d’une stratégie européenne commune face aux défis de la sécurité internationale. « C’est une réunion de travail avec les chefs d’État et de gouvernement […] les confirmations sont en train d’affluer« , a indiqué Jean-Noël Barrot, précisant qu’il ne fallait pas « dramatiser ce type de réunions parce qu’elles sont très fréquentes« .
Ce sommet illustre la volonté des pays européens de renforcer leur unité face aux défis géopolitiques actuels. Dans un contexte où les relations transatlantiques connaissent des tensions, l’Europe cherche à affirmer sa place dans les négociations internationales et à garantir sa propre sécurité.
Avec cette initiative, Emmanuel Macron confirme son engagement en faveur d’une Europe forte et autonome sur les questions de défense et de diplomatie. « Nous n’accepterons pas les ingérences quelles qu’elles soient« , a souligné Jean-Noël Barrot.
À une semaine des élections législatives en Allemagne, il a également jugé « évidemment inacceptables » les propos de J.D. Vance critiquant le cordon sanitaire des partis politiques allemands traditionnels face à l’AfD, formation d’extrême droite. « Il faut se défaire des complexes d’infériorité« , a-t-il conclu, insistant sur la nécessité pour l’Europe de « ne pas se laisser intimider« .
