15.9 C
Paris
vendredi, mars 20, 2026
AccueilActualitéRéforme du marché de l'électricité : les ménages français vont-ils payer plus...

Réforme du marché de l’électricité : les ménages français vont-ils payer plus cher ?

Date:

  • À l’approche de la réforme du marché de l’électricité prévue pour le 1er janvier 2026, l’association UFC-Que Choisir alerte sur une « hausse massive » des tarifs qui pèsera lourdement sur les ménages français.
  • Selon elle, cette refonte du système tarifaire, négociée en coulisses entre le gouvernement et EDF, ne fera qu’alourdir la facture des consommateurs.

D’après les calculs de l’UFC-Que Choisir, si la réforme était appliquée dès cette année, la facture d’électricité augmenterait en moyenne de 19 %, soit environ 250 euros supplémentaires par an pour un foyer moyen.

Pour un ménage au tarif réglementé consommant 6 000 kWh, cela représenterait un surcoût de 233 euros. L’association fonde ses prévisions sur l’année 2025, tout en soulignant les nombreuses incertitudes concernant les critères qui seront pris en compte pour fixer les tarifs réglementés de vente d’électricité (TRV) en 2026.

Un mécanisme de redistribution jugé insuffisant

Le gouvernement s’était engagé à redistribuer une partie des profits d’EDF aux consommateurs pour amortir la hausse des prix. Mais pour l’UFC-Que Choisir, cette mesure restera limitée et ne suffira pas à compenser l’augmentation des tarifs. « Seule une petite fraction de la consommation des ménages sera concernée, et la taxation des bénéfices d’EDF ne permettra pas d’endiguer la flambée des prix« , estime l’association.

Le gouvernement réfute les accusations

Face à ces critiques, Bercy conteste les conclusions de l’UFC-Que Choisir. Le ministère de l’Économie et des Finances considère que « le calcul ainsi réalisé est biaisé« , dans la mesure où il repose sur des données actuelles appliquées à un dispositif qui n’entrera en vigueur qu’en 2026.

Selon le ministère, les projections officielles indiquent que « le reversement prévu par la loi de finances pour 2025 permettra de stabiliser les TRV au niveau actuel« . Une affirmation qui ne convainc pas l’UFC-Que Choisir, laquelle redoute des répercussions plus sévères sur les factures des ménages.

Une profonde transformation du mode d’approvisionnement

Au cœur de cette réforme se trouve la refonte du mode de calcul des coûts d’approvisionnement en électricité. Actuellement, une partie de l’approvisionnement est assurée par le mécanisme de l’Arenh (Accès régulé à l’électricité nucléaire historique), qui permet d’accéder à l’électricité nucléaire d’EDF à un tarif encadré. Ce dispositif prendra fin, laissant place à un approvisionnement intégralement soumis aux fluctuations du marché.

Le gouvernement assure cependant que cette nouvelle approche, basée sur un lissage des coûts sur deux ans, garantira une relative stabilité des prix. Un argument qui peine à convaincre l’UFC-Que Choisir, qui redoute une dépendance accrue aux aléas du marché.

Vers une hausse inéluctable des prix ?

Si le gouvernement tente de rassurer sur l’impact de cette réforme, l’inquiétude des consommateurs demeure. Avec la fin de l’Arenh et l’exposition totale aux prix du marché, les ménages risquent de voir leurs factures grimper dans les années à venir. L’évolution des tarifs dépendra désormais des fluctuations du marché de gros, un facteur qui pourrait accentuer la précarité énergétique pour de nombreux foyers français.

Les plus populaires