Rien ne va plus pour Tesla. Lundi, le constructeur de véhicules électriques a vécu une journée noire à Wall Street, enregistrant une chute spectaculaire de 15,43% pour clore à 241,30 dollars l’action.
Une dégringolade qui a coûté à l’entreprise quelque 130 milliards de dollars de capitalisation boursière, la pire performance depuis 2020. Depuis décembre, la valorisation de Tesla a été divisée par deux, tombant à environ 700 milliards de dollars.
Un contexte de tempête sur les marchés
Ce plongeon s’inscrit dans une tendance plus large affectant les valeurs technologiques, alors que Wall Street traverse une période d’incertitude économique. L’indice Nasdaq, à forte coloration technologique, a chuté de 4% lundi. Les poids lourds du secteur ont été durement touchés : Meta a perdu 4,42%, Microsoft 3,34%, Alphabet 4,41%, Apple 4,85%, Amazon 2,36% et Nvidia 5,07%.
Les craintes d’une récession aux États-Unis alimentent ce climat de méfiance, pesant sur la confiance des investisseurs. Mais pour Tesla, les difficultés ne se limitent pas à la seule conjoncture boursière.

Des ventes en berne sur plusieurs marchés
La situation de Tesla se complique avec une baisse marquée de ses ventes sur plusieurs marchés stratégiques. En Chine, où l’entreprise avait réalisé d’excellents scores par le passé, les chiffres sont alarmants. Selon l’Association chinoise des voitures de particuliers (CPCA), Tesla n’a vendu que 30.688 véhicules en février 2025, soit une chute vertigineuse de 49% par rapport à la même période l’année dernière.
Cette contre-performance intervient alors que le marché chinois des véhicules électriques et hybrides est en plein essor, avec une croissance de 82%.
L’Europe n’offre guère plus de répit à Tesla. D’après l’Association des constructeurs européens (ACEA), les immatriculations de véhicules électriques y ont progressé de 34% sur un an, mais les ventes de Tesla ont, elles, été divisées par deux en début d’année.
En France, la marque a enregistré une baisse de 26% en février avec 2.395 immatriculations. Seul le marché britannique résiste, affichant une hausse de 21% des ventes.
Le facteur Musk : un atout ou un frein ?
Au-delà des chiffres, la personnalité d’Elon Musk et son implication politique suscitent des interrogations. Après l’élection de Donald Trump en novembre dernier, le magnat de Tesla avait bénéficié d’un regain d’intérêt des investisseurs, notamment avec sa nomination à la tête du « Doge« , une commission gouvernementale chargée d’améliorer l’efficacité de l’administration fédérale.
Mais cette proximité avec l’ancien président et ses prises de position controversées, notamment son soutien affiché à l’extrême droite européenne, ont provoqué des appels au boycott. Si l’impact commercial reste difficile à mesurer, l’image de marque de Tesla pourrait en souffrir durablement.

Quels leviers pour un rebond ?
Malgré cette période de turbulences, Tesla conserve des atouts. L’entreprise reste le leader mondial de la voiture électrique, grâce à des modèles technologiques de pointe et des prix agressifs.
Son avenir repose sur le lancement de nouveaux produits, notamment une version remaniée de son SUV Model Y et l’arrivée, en 2025, d’un modèle à bas coût ainsi que d’un robotaxi attendu comme une révolution.
Cependant, la concurrence sur le marché mondial s’intensifie. De nombreux constructeurs historiques et startups innovantes investissent massivement le marché de l’électrique, grignotant peu à peu les parts de marché de Tesla.
