Le 10 mars 2025, Ahmed Kouchouck, le ministre égyptien des Finances, a annoncé que le Fonds monétaire international (FMI) avait approuvé le déblocage de 1,2 milliard de dollars, correspondant à la quatrième tranche du programme de financement en cours avec l’Égypte.
Cette décision s’inscrit dans le cadre du Mécanisme élargi de crédit (MEDC), un accord de prêt de 8 milliards de dollars, destiné à soutenir le pays face à une situation économique difficile.
Le versement de cette tranche de 1,2 milliard de dollars, bien que tardif, constitue une bouffée d’air frais pour l’économie égyptienne, alors que le pays peine à sortir de la crise. Ce décaissement fait suite à des retards répétés depuis novembre 2024, une situation qui a alimenté des spéculations sur la mise en œuvre des réformes exigées par le FMI.
Le ministre Kouchouck a toutefois souligné que ce soutien financier arrive dans un contexte de réformes importantes menées par l’Égypte depuis mars 2024, dont la plus emblématique est l’engagement à supprimer progressivement les subventions sur les carburants, une réforme cruciale pour l’assainissement des finances publiques.
Enjeux climatiques : 1,3 milliard de dollars supplémentaires
Outre cette tranche de 1,2 milliard de dollars, le FMI devrait également débloquer 1,3 milliard de dollars supplémentaires pour soutenir l’Égypte dans ses efforts de transition énergétique et d’adaptation aux changements climatiques.
Ces fonds s’inscrivent dans le cadre du Fonds pour la résilience et la durabilité (FRD), un programme destiné à aider les pays en développement à mieux gérer les risques climatiques et à stabiliser leurs économies à long terme.
Cette première tranche pourrait être décaissée dans les mois à venir, renforçant ainsi les efforts de l’Égypte pour faire face aux défis environnementaux mondiaux.
Des défis mondiaux et des réformes internes
L’accord avec le FMI intervient dans un contexte de turbulence économique mondiale, exacerbée par la guerre en Ukraine, qui a eu un impact direct sur les coûts de l’énergie et les chaînes d’approvisionnement.
La situation en Égypte a été particulièrement touchée par ces chocs externes, ce qui a conduit le pays à solliciter un programme d’assistance en 2022. Parmi les conditions imposées par le FMI, l’adoption d’un taux de change flexible a été l’une des plus importantes. En mars 2024, ce changement a provoqué une dévaluation importante de la livre égyptienne, dont la valeur est passée de 30 à 49 livres pour un dollar.
Le projet Ras Al-Hikma : un espoir pour l’avenir économique
Dans un effort pour diversifier son économie et stimuler la croissance, l’Égypte mise également sur des projets d’envergure, comme le projet Ras Al-Hikma, qui pourrait jouer un rôle clé dans la relance du pays.
D’un montant de 24 milliards de dollars, ce projet ambitieux, financé en collaboration avec la compagnie émiratie Abu Dhabi Developmental Holding Company, prévoit la création d’une nouvelle ville sur la côte méditerranéenne.
Ce développement urbain devrait renforcer le potentiel touristique de l’Égypte tout en soutenant l’industrie du bâtiment et en créant de nouveaux emplois.
Le remboursement de la dette et les perspectives futures
Malgré l’aide continue du FMI, l’Égypte se trouve toujours confrontée à des obligations financières majeures. Le pays devra rembourser 617 millions de dollars au FMI en mars 2025, un défi supplémentaire pour ses finances publiques déjà sous pression.
En parallèle, le FMI procédera à une cinquième révision du programme dans les mois à venir, afin de vérifier si l’Égypte respecte les engagements pris et pour définir les conditions des prochaines tranches de financement.
Le soutien international, notamment à travers des programmes comme le MEDC et le Fonds pour la résilience et la durabilité, reste essentiel, mais la réussite du programme dépendra de la capacité de l’Égypte à réussir la mise en œuvre de ses réformes, en particulier dans des secteurs aussi sensibles que le système de change et les subventions énergétiques.
