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vendredi, mars 20, 2026
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Bruxelles reporte ses contre-mesures douanières face aux États-Unis

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  • Alors que Washington s’apprête à imposer de nouvelles taxes, l’Union européenne temporise en repoussant ses propres sanctions.
  • Une décision stratégique qui vise à privilégier le dialogue avant toute escalade commerciale.

Bruxelles a décidé de reporter à la mi-avril l’entrée en vigueur de nouvelles taxes sur des produits américains, notamment le bourbon. L’objectif est de laisser aux États membres de l’Union européenne (UE) le temps de mener des discussions et d’évaluer globalement les mesures de rétorsion. Cette décision intervient alors que Washington prépare une nouvelle salve de droits de douane, attendue dans les quinze prochains jours.

L’annonce a été faite le jeudi 20 mars par la Commission européenne, qui a justifié ce report par la nécessité de « disposer de plus de temps pour consulter les gouvernements et permettre à toutes les contre-mesures d’être évaluées ensemble ».

Une réponse mesurée face aux menaces de Trump

Depuis l’annonce, le 12 mars, des premières sanctions européennes en réponse aux taxes américaines sur l’acier et l’aluminium (25 %), le président Donald Trump a menacé d’imposer une taxe d’importation de 200 % sur le vin et les spiritueux européens. Cette menace a fait réagir les eurodéputés et les producteurs de boissons du Vieux Continent.

Face à cette escalade, le commissaire au commerce, Maroš Šefčovič, a tenu à rassurer les parlementaires européens jeudi. « Nous comprenons bien sûr clairement cette préoccupation, nous sommes en contact et avons parlé à l’industrie des spiritueux », a-t-il déclaré, précisant que c’est dans cette optique que « les deux listes ont été fusionnées afin de pouvoir mener davantage de consultations à ce sujet ».

Une réévaluation des produits ciblés

Les contre-mesures européennes comprennent une première liste de produits américains visés lors d’un précédent conflit commercial sous la présidence de Donald Trump. Une seconde liste, prévue pour mi-avril, devait entrer en vigueur après adoption par les États membres. Désormais, ces deux volets seront traités comme un tout, ce qui ouvre la porte à une éventuelle révision.

Cette stratégie pourrait avantager des pays comme la France, l’Italie et l’Espagne, trois des cinq premiers exportateurs de vin vers les États-Unis. Une modification de la liste pourrait limiter l’impact économique pour ces nations.

Une attente stratégique avant la riposte américaine

Washington a fait savoir qu’il annoncerait de nouveaux droits de douane le 2 avril. L’administration américaine considère ces mesures comme une réponse « réciproque » aux barrières commerciales imposées par l’UE.

Maroš Šefčovič a expliqué que Bruxelles souhaitait voir la prochaine action des États-Unis avant d’ajuster sa réponse : « Nous voulons calibrer notre réponse en conséquence ».Toutefois, ce dernier espère toujours une issue négociée.

 « Les États-Unis prévoient d’imposer des droits de douane réciproques le 2 avril. Pour eux, cela devrait servir de base pour redéfinir et reconstruire les relations commerciales des États-Unis avec le reste du monde. Ce n’est qu’à ce moment-là que les partenaires pourront s’engager dans d’éventuelles négociations », a-t-il souligné.

Des discussions en cours entre Bruxelles et Washington

Pour tenter d’apaiser les tensions, Maroš Šefčovič s’est rendu en février à Washington afin de rencontrer le secrétaire américain au Commerce, Howard Lutnick. Les échanges entre les deux parties couvrent plusieurs secteurs sensibles, notamment l’automobile, les semi-conducteurs, le bois, l’acier et l’aluminium, ainsi que les produits pharmaceutiques.

En attendant la riposte américaine, Bruxelles temporise. Une stratégie qui pourrait permettre à l’UE d’ajuster son arsenal en fonction de la position de Washington, tout en maintenant ouvertes les perspectives de négociation.

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