L’ancienne ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a déclaré dimanche qu’elle ne soutiendrait pas Rachida Dati dans la course à la mairie de Paris en 2026, invoquant les « affaires judiciaires » qui entourent actuellement la ministre de la Culture.
Interrogée sur Radio J, Agnès Buzyn a expliqué son choix en rappelant son engagement pour une politique plus intègre. « Je ne soutiendrai pas madame Dati, parce que je me suis engagée en politique sur l’idée de faire de la politique autrement », a-t-elle affirmé.
L’ancienne ministre a rappelé un principe qui lui a été inculqué en début de carrière politique : « La première chose qu’on m’a apprise, c’est que quand les gens ont été mis en examen, en fait, ils ne devenaient pas ministre. » Selon elle, les affaires judiciaires en cours constituent « un frein » à la légitimité de Rachida Dati et devraient l’amener à quitter son poste à la rue de Valois.
Des affaires judiciaires qui suscitent la controverse
Rachida Dati est actuellement visée par une information judiciaire, dans laquelle le Parquet national financier (PNF) a requis en novembre qu’elle soit jugée pour corruption et trafic d’influence, aux côtés de l’ex-patron de Renault-Nissan Carlos Ghosn. Les magistrats s’intéressent notamment à 900 000 euros d’honoraires qu’elle a perçus en tant qu’avocate entre 2010 et 2012, alors qu’elle était députée européenne, et qui lui ont été versés par une filiale de Renault-Nissan.
Agnès Buzyn insiste sur la gravité de ces soupçons. « Ce ne sont pas des affaires anodines. Il y a beaucoup d’argent derrière, il y a des liens d’intérêts potentiels avec des pays tiers », a-t-elle déclaré, en allusion aux critiques ayant visé Rachida Dati pour ses proximités présumées avec le Qatar ou l’Azerbaïdjan. « Je suis prudente », a ajouté Mme Buzyn, soulignant qu’aucun jugement n’a encore été rendu. Cependant, elle estime qu’il serait préférable que la ministre de la Culture se mette « en retrait ».
Une rivalité politique persistante
Candidate de La République en Marche aux municipales de Paris en 2020, Agnès Buzyn avait recueilli 13,04 % des voix au second tour, loin derrière Rachida Dati (34,3 %) et Anne Hidalgo (48,49 %). Son engagement tardif dans la course, en pleine crise du Covid-19, avait suscité de vives critiques.
Elle se souvient de cette campagne avec amertume, notamment en raison de ses échanges avec Rachida Dati. « J’ai vécu les échanges avec madame Dati en tant que candidate et j’ai trouvé qu’ils étaient trop virulents. Aujourd’hui, ce n’est pas ma façon de faire de la politique », a-t-elle confié.
Ministre d’Emmanuel Macron depuis janvier 2024, Rachida Dati pourrait être investie par Renaissance pour les municipales de 2026.
