- Une nouvelle guerre commerciale se profile : En imposant des droits de douane de 25 % sur les voitures importées, Donald Trump déclenche une onde de choc à l’échelle mondiale.
- Une décision qui inquiète l’Union européenne, le Canada et les principaux constructeurs automobiles.
Le président américain Donald Trump a annoncé mercredi l’imposition de nouveaux droits de douane de 25% sur toutes les voitures qui ne sont pas fabriquées aux États-Unis. Ces droits, qui entreront en vigueur le 2 avril, visent à rééquilibrer les échanges commerciaux en faveur des constructeurs nationaux.
« Le jour de la libération approche », a déclaré Donald Trump, réaffirmant son engagement à renforcer l’industrie automobile américaine. Il a toutefois précisé que ces nouvelles taxes seraient « très clémentes« .
L’Union européenne réagit avec inquiétude
Cette décision a immédiatement suscité des réactions de la part des partenaires commerciaux des États-Unis. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a fait part de son profond regret.
« Je regrette profondément la décision américaine », a-t-elle déclaré dans un communiqué, ajoutant que l’UE « continuera à chercher des solutions négociées » avec Washington.

Elle a précisé que Bruxelles allait « évaluer cette annonce » en tenant compte des autres mesures que l’administration américaine pourrait adopter dans les prochains jours.
« Les droits de douane sont des taxes, mauvaises pour les affaires, pires pour les consommateurs, tant aux États-Unis que dans l’Union européenne », a affirmé Ursula von der Leyen
Un coup dur pour l’industrie automobile
L’imposition de ces nouveaux tarifs douaniers représente un véritable séisme pour le secteur automobile, déjà fragilisé par les tensions commerciales. Selon une analyse des économistes Thierry Mayer, Vincent Vicard et Pauline Wibaux du CEPII (Recherche et expertise sur l’économie mondiale), les constructeurs européens et asiatiques seront les plus touchés.
Volkswagen pourrait perdre environ 152 000 ventes de véhicules sur le marché américain, tandis que Stellantis subirait une baisse estimée à 90 000 unités.
« Au sein de ces constructeurs, certaines marques seraient particulièrement affectées. Par exemple, Chrysler (une marque de Stellantis), dont l’ensemble des véhicules particuliers vendus aux États-Unis sont produits au Canada, verrait ses ventes sur le marché américain chuter de près de 50 % », précisent les auteurs de l’étude.
Les investisseurs n’ont pas tardé à réagir. Mercredi soir, à Wall Street, les titres des grands constructeurs automobiles ont plongé : General Motors a reculé de 3,06 %, Tesla a chuté de 6,09 % et Stellantis de 3,99 %.
Des gagnants dans la bataille commerciale
Si certains constructeurs souffriront de ces nouvelles mesures, d’autres pourraient en tirer profit. General Motors et Tesla verraient leur production augmenter respectivement de 42 000 et 81 000 véhicules.
Parmi les marques asiatiques, Hyundai, Subaru et Toyota pourraient également profiter de cette situation, leur production étant largement implantée aux États-Unis.
Le Canada dénonce une « attaque directe »
Le Premier ministre canadien, Mark Carney, a vivement réagi à l’annonce de ces tarifs douaniers, qu’il qualifie d' »attaque directe » contre l’industrie automobile de son pays.
« Ces droits de douane contre notre industrie automobile sont une attaque directe contre les travailleurs », a-t-il déclaré devant la presse, accusant Donald Trump de « trahir notre accord commercial« .

Un accord commercial avec la Chine en toile de fond
En marge de cette annonce, Donald Trump a également fait savoir qu’il pourrait accorder des concessions douanières à la Chine en échange d’un accord sur TikTok, menacé d’interdiction aux États-Unis.
« La Chine va devoir jouer un rôle [dans la vente de l’application], ils vont possiblement devoir l’approuver et s’ils le font, peut-être que je leur accorderai une petite réduction sur les droits de douane », a déclaré le président américain depuis la Maison Blanche.
Une escalade des tensions commerciales ?
L’imposition de ces nouveaux droits de douane marque un tournant dans la stratégie protectionniste de Donald Trump. Le 2 avril, il pourrait aller encore plus loin en instaurant des « droits de douane réciproques » sur l’ensemble des produits importés aux États-Unis.
Si cette mesure est appliquée strictement, elle risque d’exacerber les tensions commerciales avec les partenaires économiques du pays.
Les prochaines semaines seront déterminantes pour observer la réaction des autres grandes économies et mesurer l’impact de ces nouvelles barrières douanières sur l’économie mondiale.
