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Soutien militaire, Otan et actifs gelés : les demandes clés de Zelensky sur France 2

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  • Lors d’une interview accordée à plusieurs médias européens, Volodymyr Zelensky a renouvelé ses appels à un soutien accru de l’Occident face à la Russie.
  • Le président ukrainien s’inquiète notamment du rapprochement entre Moscou et Washington et exhorte ses alliés à accélérer les livraisons d’armes.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’est exprimé mercredi 26 mars lors d’une interview accordée à quatre grands médias européens. Face à Caroline Roux (France 2), Jeremy Bowen (BBC), Jessy Wellmer (ARD) et Joakim Klementi (Radio-télévision publique estonienne), il a réitéré ses demandes en matière de sécurité et d’aide militaire, tout en pointant du doigt l’attitude de la Russie et la position ambiguë de certains alliés occidentaux.

Un cessez-le-feu en mer Noire sous conditions

Interrogé sur la trêve partielle envisagée en mer Noire, Zelensky a nuancé l’intérêt de cette mesure pour l’Ukraine. « Le cessez-le-feu en mer Noire est surtout important pour les Russes », a-t-il déclaré, expliquant que « cela fait longtemps qu’ils ne contrôlent plus » ce couloir maritime.

Alors que Kiev estime être en position de force, il accuse Moscou de vouloir « passer directement au contrôle des couloirs de transport de denrées alimentaires », avant d’ajouter fermement : « Ils n’y arriveront pas ».

Les relations tendues entre Washington et Kiev

Un mois après un vif accrochage avec Donald Trump et son vice-président J.D. Vance, Zelensky s’est montré préoccupé par l’évolution des relations entre Washington et Moscou. Il a notamment accusé Steve Witkoff, envoyé spécial de l’administration Trump en Ukraine, de reprendre « assez souvent » le discours du Kremlin. « Cela va affaiblir la pression des Américains sur la Russie », a-t-il déploré, avant de dénoncer une influence croissante du narratif russe au sein du gouvernement américain.

Lorsqu’il a été interrogé sur la fiabilité du président Trump en tant qu’allié, Zelensky s’est voulu plus mesuré.

« Aujourd’hui, il (Donald Trump) a débloqué l’aide et je voudrais croire qu’il ne l’a pas fait par hasard, parce qu’il comprend la menace qui pèse sur nous », a t-il affirmé;

La saisie des actifs russes, un débat européen

Zelensky a profité de cet entretien pour relancer la question de la saisie des actifs russes gelés par les pays alliés en réaction à l’invasion de février 2022. « La bureaucratie ralentit tout le processus », a-t-il regretté, appelant à des mesures plus rapides et plus efficaces.

« Nous voudrions obtenir les actifs qui ont été gelés », a-t-il insisté. « Nous voudrions les dépenser rapidement pour des armements et nous avons aussi dit ouvertement : ‘Prenons tout cet argent et investissons-le dans la production [d’armes] en Ukraine comme en Europe ».

Un réarmement européen nécessaire

Le président ukrainien a également évoqué la nécessité de renforcer les capacités militaires de son pays et de ses alliés. « S’il y a un cessez-le-feu, il y aura un temps pour nous renforcer, et il faudra aller très vite », a-t-il prévenu. Il a notamment cité l’Allemagne en exemple, expliquant que toute amélioration des capacités militaires européennes apporterait « davantage de garanties (…) que les Russes ne reviennent pas à la guerre, parce qu’ils verront ce qu’ils ont en face ».

L’Otan, meilleure garantie de sécurité

Alors que plusieurs pays européens, dont la France et le Royaume-Uni, envisagent d’envoyer des soldats en Ukraine en cas de cessez-le-feu, la question des garanties de sécurité reste centrale. « L’Otan est la meilleure garantie de sécurité », a affirmé Zelensky. Toutefois, il a souligné que « les États-Unis ne sont pas prêts à franchir ce pas » et à intégrer l’Ukraine à l’Alliance atlantique.

Pour protéger son peuple, il a une nouvelle fois appelé ses alliés à renforcer la défense anti-aérienne et à « équiper à 100 % » les brigades de l’armée ukrainienne, « qui aujourd’hui se dressent contre l’agresseur, entre les Russes et le monde civilisé ».

 Entre la nécessité d’obtenir des garanties de sécurité, l’enjeu de la saisie des actifs russes et le besoin de renforcer l’armement de son pays, le président ukrainien exhorte une nouvelle fois ses alliés à ne pas relâcher leur soutien. « Il faudra aller très vite », a-t-il averti, conscient que le moindre relâchement pourrait jouer en faveur de la Russie.

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