- Alors que l’emploi atteint un record en 2024, les jeunes peinent toujours à s’intégrer durablement sur le marché du travail.
- Entre progression du taux d’emploi des seniors et essoufflement de l’alternance, les disparités générationnelles se creusent.
L’Insee a dévoilé ce jeudi 27 mars une photographie inédite du marché du travail en France. Si le taux d’emploi atteint des sommets, les jeunes peinent toujours à s’imposer sur un marché en pleine mutation.
En 2024, le taux d’emploi des 15-64 ans grimpe à 68,8 %, un niveau record depuis le début des relevés en 1975. Une embellie qui traduit une conjoncture économique favorable et un maintien durable des salariés en activité. Mais derrière ces chiffres encourageants se cachent des réalités contrastées.
Les jeunes en difficulté : un signal d’alerte ?
Cependant, si l’emploi progresse pour la majorité des actifs, la situation est plus préoccupante pour les 15-24 ans. Leur taux d’emploi recule de 0,6 point sur un an, s’établissant à 34,4 %. Un retournement de tendance après trois années consécutives de hausse (+3,4 points en 2021, +2,4 points en 2022, +0,3 point en 2023).
L’alternance, qui représente près de 30 % des emplois occupés par les jeunes, semble marquer le pas. Ce ralentissement pourrait expliquer en partie leur difficulté accrue à s’insérer durablement sur le marché du travail.
Les seniors : une hausse attribuée au prolongement de la durée d’activité
À l’inverse, les seniors (50-64 ans) voient leur taux d’emploi poursuivre son ascension. En 2024, il atteint 68,4 %, un niveau jamais enregistré par l’Insee. La progression est particulièrement marquée chez les 60-64 ans (+3,4 points sur un an), une hausse largement attribuée à la réforme des retraites de 2023, qui prolonge la durée d’activité des travailleurs.
Des formes d’emploi en mutation
Le marché de l’emploi évolue également en profondeur. Le travail précaire recule : la part des emplois à durée limitée diminue de 0,3 point en un an. Par ailleurs, le salariat en CDI reste dominant, représentant 72,9 % des emplois, un chiffre quasi stable (-0,1 point).
Les femmes se distinguent par une plus forte représentation dans les emplois en CDI et CDD, mais sont moins nombreuses dans l’intérim, l’alternance et les stages.
Une dynamique à double vitesse
Si les chiffres globaux traduisent une tendance favorable, la jeunesse peine à trouver sa place dans un marché du travail qui se rigidifie. L’essoufflement de l’alternance et la stagnation de leur taux d’emploi interrogent sur l’efficacité des politiques d’insertion.
Alors que les seniors bénéficient d’un allongement de leur carrière, les jeunes doivent faire face à un accès plus difficile à l’emploi stable. Un défi majeur pour les années à venir, qui nécessitera des mesures adaptées afin de rééquilibrer un marché du travail en pleine mutation.
