Face à la montée des tensions commerciales entre les États-Unis et l’Union européenne, Bruxelles affiche sa détermination et prépare une riposte aux nouvelles taxes douanières annoncées par Donald Trump
La Commission européenne se tient prête à réagir face à la nouvelle salve de taxes douanières que Donald Trump s’apprête à déployer. Ursula von der Leyen, présidente de la Commission, a affirmé que l’UE possédait « beaucoup de cartes » pour négocier, dissuader et, si nécessaire, « repousser » les nouvelles mesures protectionnistes américaines. Elle assure que Bruxelles a « un plan solide pour riposter » tout en répétant son appel à une « solution négociée ».
Des mesures américaines qui inquiètent l’Europe
Mercredi 2 avril, Donald Trump doit détailler son projet de nouveaux droits de douane visant « tous les pays » comme point de départ, prévenant que « nous verrons ce qui se passera » par la suite. Cette escalade inquiète les marchés financiers et les partenaires commerciaux des États-Unis, dont l’Union européenne, qui dénonce un risque de récession mondiale.
Pour l’UE, ces nouvelles taxes s’ajouteraient aux droits de douane de 25 % déjà appliqués sur l’acier, l’aluminium et les véhicules exportés vers les États-Unis. Bruxelles a déjà préparé des contre-mesures, mais leur introduction a été reportée à la mi-avril.
Des réactions divergentes au sein de l’UE
Face aux tensions commerciales croissantes, les États membres adoptent des postures variées. L’Italie, dont l’économie dépend largement des exportations vers les États-Unis, appelle à la prudence. Giorgia Meloni, présidente du Conseil italien, entretient par ailleurs des liens idéologiques avec Donald Trump, ce qui complique la position de Rome.
D’autres pays plaident pour une réaction forte. La Belgique souhaite activer un « outil anti-coercition » jamais utilisé jusqu’ici. La France veille scrupuleusement à protéger ses intérêts, notamment le secteur des vins et spiritueux.
Quant à l’Allemagne, son excédent commercial avec les États-Unis fait d’elle une cible particulière de Trump. Mais Berlin, en pleine recomposition politique sous la direction de Friedrich Merz, peine à afficher une position claire.
L’Europe prête à contre-attaquer
Ursula von der Leyen ne cache pas la fermeté de Bruxelles face à ces menaces commerciales.
« Nous avons tout ce qu’il faut pour protéger nos citoyens et notre prospérité. Nous avons le plus grand marché unique du monde. Nous avons la force de négocier. Nous avons le pouvoir de riposter « , a-t-elle martelé devant le Parlement européen.
La présidente de la Commission met en garde contre les conséquences des mesures de Trump : « Les droits de douane augmenteraient les prix pour les consommateurs ordinaires, détruiraient des emplois, créeraient un monstre bureaucratique aux douanes et seraient un cauchemar pour les entreprises américaines qui vendent leurs produits en Europe ». Elle prévient aussi que ces taxes pourraient contrecarrer l’objectif de Trump de « réindustrialiser l’Amérique ».
Vers une solution diplomatique ?
Malgré cette posture combative, von der Leyen insiste sur la nécessité d’une issue diplomatique pour éviter une guerre commerciale aux conséquences potentiellement désastreuses. « Nous aborderons ces négociations en position de force. L’Europe a beaucoup de cartes en main : du commerce à la technologie en passant par la taille de notre marché », assure-t-elle.
La Commission européenne envisage d’élargir ses mesures de rétorsion aux services, un secteur jusqu’ici épargné par le conflit commercial. En 2023, l’UE affichait un excédent commercial de 156,6 milliards d’euros sur les biens avec les États-Unis, mais un déficit de 108,6 milliards sur les services. « Nous nous porterions tous mieux si nous pouvions trouver une solution constructive », admet von der Leyen.
Cependant, la Commission prévient : « L’Europe n’est pas à l’origine de cette confrontation. Nous ne voulons pas nécessairement prendre des mesures de rétorsion, mais nous avons un plan solide pour le faire si nécessaire. » La balle est donc dans le camp de Washington, mais Bruxelles ne restera pas passive face à une escalade commerciale qui pourrait bouleverser l’économie mondiale.
