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Sommet Union européenne – Asie centrale : un partenariat stratégique de 12 milliards d’euros

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  • L’Union européenne renforce ses liens avec l’Asie centrale en annonçant un partenariat inédit.
  • Avec un investissement de 12 milliards d’euros, l’UE mise sur la coopération économique et l’accès aux ressources essentielles.

  L’Union européenne (UE) et les cinq pays d’Asie centrale – le Kazakhstan, le Kirghizstan, le Tadjikistan, le Turkménistan et l’Ouzbékistan – ont annoncé la transformation de leur coopération en un partenariat stratégique. Une décision qui s’accompagne d’un investissement massif de 12 milliards d’euros dans le cadre de l’initiative « Global Gateway ».

Un engagement fort dans un contexte mondial sous tension

Le sommet UE-Asie centrale, qui s’est tenu à Samarkand, s’est déroulé sur fond de tensions géopolitiques, notamment après l’imposition de nouveaux droits de douane par les États-Unis sur plusieurs nations alliées, dont l’UE. Face à cette situation, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a rappelé l’importance des alliances durables :

« De nouvelles barrières mondiales apparaissent, les investissements sont réorientés ou réduits. Les puissances du monde entier se taillent de nouvelles sphères d’influence. »

La présidente de la Commission européenne a ajouté que le partenariat stratégique entre l’UE et l’Asie centrale était une démarche fondée sur la fiabilité et l’engagement mutuel.  « Des partenaires fiables n’ont jamais été aussi importants. Notre partenariat    stratégique est un engagement à être là l’un pour l’autre. », a t-elle affirmé.

12 milliards d’euros pour transformer la régionL’UE a dévoilé un financement de 12 milliards d’euros, destiné à des projets dans des secteurs clés :

  • Transports : 3 milliards d’euros
  • Matières premières essentielles : 2,5 milliards d’euros
  • Eau, énergie et climat : 6,4 milliards d’euros
  • Connectivité numérique, avec un soutien de la BERD (Banque européenne pour la reconstruction et le développement)

Cette enveloppe vise à renforcer l’indépendance économique de la région, à moderniser ses infrastructures et à favoriser des échanges commerciaux plus fluides avec l’Europe.

Les ressources naturelles au cœur des enjeux

L’Asie centrale est un acteur stratégique dans l’approvisionnement mondial en matières premières. La région détient notamment 38,6 % du minerai de manganèse mondial, 30,07 % du chrome, 20 % du plomb, 12,6 % du zinc et 8,7 % du titane. Ces ressources sont cruciales pour l’industrie européenne, notamment dans le domaine des technologies vertes et des infrastructures numériques.

Face à la domination chinoise sur ces matières premières critiques, l’UE cherche à diversifier ses sources d’approvisionnement. En effet, la Chine contrôle une grande partie de l’extraction et du traitement des terres rares, ce qui pose un défi stratégique pour l’Europe. Ursula von der Leyen a insisté sur l’importance de ne pas seulement exploiter ces ressources, mais aussi de favoriser le développement industriel local : « Ces matières premières sont l’élément vital de la future économie mondiale. Mais elles sont aussi un piège pour les acteurs mondiaux. Certains ne s’intéressent qu’à l’exploitation et à l’extraction. »

L’objectif de l’UE est donc double : garantir son approvisionnement tout en soutenant la transformation industrielle dans les pays d’Asie centrale. Von der Leyen a également précisé que l’Europe souhaitait adopter une approche plus durable et équitable :

      « L’offre de l’Europe est différente. Nous voulons aussi être vos partenaires dans le développement de vos industries locales. La valeur ajoutée doit être locale. Nos résultats parlent d’eux-mêmes. », explique la présidente de la Commission européenne

Un engagement multilatéral et sécuritaire

Le président du Conseil européen a mis en avant la nécessité de renforcer la coopération bilatérale et régionale, notamment face aux menaces transnationales. Il a souligné que « Les menaces pour la sécurité sont désormais de nature transnationale. »

L’invasion de l’Ukraine par la Russie a également été évoquée, avec une condamnation claire des violations du droit international.

De son côté, le président ouzbek Shavkat Mirziyoyev a réaffirmé son attachement aux principes du multilatéralisme : « Notre pays partage l’engagement de la partie européenne envers les principes et les normes du droit international. Nous saluons et soutenons pleinement le processus de négociation sur le règlement pacifique de la situation en Ukraine. »

 Vers un avenir économique renforcé

Les dirigeants ont également validé l’organisation d’un forum des investisseurs cette année pour attirer de nouveaux capitaux. L’un des projets phares est la création d’un corridor de transport transcaspien, qui réduira considérablement le temps d’exportation des marchandises entre l’Asie centrale et l’Europe tout en contournant la Russie.

Enfin, pour assurer un suivi concret, un bureau local de la BERD sera ouvert en Ouzbékistan, et les parties ont convenu d’organiser un sommet similaire tous les deux ans.

Avec cet accord, l’Union européenne renforce son ancrage en Asie centrale et s’impose comme un partenaire économique clé pour la région. Selon L’EU et ses partenaires de l’Asie centrale, cet investissement massif et les ambitions de coopération affichées vont permettre la concrétisation d’une collaboration durable et mutuellement bénéfique.

 

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