Alors que les tensions commerciales se poursuivent entre les grandes puissances économiques, le ministre français de l’Économie, Éric Lombard, appelle l’Union européenne à ne pas relâcher ses efforts. Face au revirement partiel de Washington sur les droits de douane et à la menace d’un afflux massif de produits chinois, le ministre prône une stratégie de fermeté et d’investissement local pour préserver la stabilité économique de la zone euro.
Le ministre de l’Économie, Éric Lombard, ne veut pas baisser la garde. Dans un entretien accordé à Ouest-France ce samedi, il a invité l’Union européenne à « maintenir la pression » sur les États-Unis, tout en se montrant vigilant face au risque d’un afflux massif de produits chinois sur le marché européen.
Malgré un léger assouplissement annoncé par le président américain Donald Trump concernant certains droits de douane, le ministre français ne crie pas victoire.
« Les Américains maintiennent l’augmentation des droits de douane de 10 % pour tous les produits européens importés, sans parler des mesures sur l’acier et l’automobile », a rappelé Éric Lombard.
Un recul limité que le ministre qualifie de « moins mauvaise nouvelle ».
Des conséquences sur la croissance française
Les tensions commerciales ne sont pas sans effets sur l’économie française. Lors de son passage sur TF1 mercredi dernier, Éric Lombard a estimé que cette hausse de 10 % pourrait coûter 0,2 point de croissance à la France. Il en a profité pour ajuster la prévision de croissance pour 2025 à 0,7 %, contre 0,9 % auparavant.
L’ombre chinoise plane sur l’Europe
Au-delà du bras de fer avec Washington, c’est désormais Pékin qui inquiète. Avec l’imposition par les États-Unis de droits de douane atteignant 145 % sur certains produits chinois, Éric Lombard redoute un redéploiement massif des exportations chinoises vers l’Europe.
« Je veux que nous fassions barrage à tout déferlement de produits venus de Chine ! », a-t-il lancé, appelant à une réponse coordonnée à l’échelle européenne.
Dans ce contexte de fortes turbulences économiques mondiales, le ministre a réuni récemment plusieurs chefs d’entreprise afin de les convaincre de miser sur l’Europe.
« Ils ont tout intérêt à investir dans une zone économique stable, démocratique et prévisible », a-t-il insisté.
Vers un accord retravaillé avec le Mercosur
Interrogé sur les perspectives d’ouverture commerciale, Éric Lombard s’est dit « favorable » à la signature d’un accord avec le Mercosur. Mais pas à n’importe quel prix. Il demande que le texte soit revu, en particulier sur les aspects agricoles et environnementaux : « Il n’est pas acceptable en l’état. Il faut le faire évoluer. »
Entre prudence diplomatique et défense des intérêts économiques européens, Éric Lombard trace une ligne claire : pas question de relâcher la pression, ni face à Washington, ni face à Pékin. L’Europe, rappelle-t-il, doit rester un acteur économique solide et stratégique sur la scène mondiale.
