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Budget 2026 : un effort de 40 milliards d’euros pour réduire le déficit, annonce Éric Lombard

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Face à une dette record et un déficit public en hausse, le gouvernement annonce un plan de redressement budgétaire de 40 milliards d’euros pour 2026. Le ministre de l’Économie, Éric Lombard, promet des économies substantielles, tout en écartant les hausses d’impôts pour les ménages modestes. Une stratégie qui suscite de vives réactions chez les syndicats.

Le gouvernement se prépare à un tour de vis budgétaire sans précédent. Invité ce dimanche sur BFMTV, le ministre de l’Économie et des Finances, Éric Lombard, a annoncé que la France devra mobiliser 40 milliards d’euros d’efforts supplémentaires en 2026 afin de ramener le déficit public à 4,6 % du PIB, contre 5,4 % attendus cette année.

« Je maintiens l’objectif de 4,6 % pour 2026, qui va demander un effort supplémentaire de 40 milliards d’euros, c’est très considérable », a déclaré le ministre.

Des économies, surtout… mais pas uniquement

La réduction de la dépense publique sera le levier principal de cet ajustement. « Ce sera surtout des économies », a insisté Éric Lombard. Toutefois, il n’exclut pas que « ça peut être aussi une augmentation des recettes liée à la croissance », ajoutant que l’amélioration de l’activité économique pourrait participer à l’équilibre des comptes.

« Hors de question de reconduire l’impôt exceptionnel sur les grandes entreprises », a-t-il prévenu, tout en annonçant un travail en cours sur la régulation de la suroptimisation fiscale, « dans un souci d’équité ».

Autre précision : il n’y aura aucune hausse d’impôts pour les foyers les plus modestes. En revanche, le gouvernement entend maintenir la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus et patrimoines, représentant 2 milliards d’euros. Une mesure que Lombard souhaite rendre pérenne, tout en évitant l’écueil du retour de l’ISF.

« Je souhaite que cette contribution soit pérenne pour les personnes ayant des hauts revenus ou des hauts patrimoines, ou les deux. C’est une question d’équité. Nous demandons beaucoup d’efforts à tous, ce signal de solidarité me semble nécessaire. », a souligné Éric Lombard

Une dette qui pèse de plus en plus lourd

Le ministre a rappelé l’urgence budgétaire dans laquelle se trouve le pays. La dette publique avoisine désormais les 3 300 milliards d’euros, et le coût de son financement s’envole.

« Nous devons, chaque année, verser à nos créanciers des sommes croissantes. L’an dernier, cela représentait plus de 50 milliards d’euros, et cette année près de 70 milliards. C’est beaucoup plus que le budget de la Défense ! », rappelle le ministre de l’Économie

Selon la Cour des comptes, le déficit public a atteint 6 % du PIB en 2024, soit près de 175 milliards d’euros. Un chiffre en nette dégradation par rapport à 2023 (5,5 %) et 2022 (4,7 %). Pour la juridiction financière, l’année 2025 est déterminante, avec 110 milliards d’euros d’ajustement à engager.

Réactions syndicales : l’appel à la justice fiscale

Les déclarations du ministre ont immédiatement suscité des réactions dans les rangs syndicaux. Sur France Inter, la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a dénoncé un effort toujours supporté par les mêmes.

 « Le gouvernement a une pathologie : il ne s’intéresse jamais aux riches et c’est toujours aux mêmes de faire des efforts. », a-t-elle souligné.

La secrétaire générale de la CGT plaide pour une taxation accrue du patrimoine et des dividendes. « La France est maintenant un pays de rentiers, dans lequel on taxe toujours moins le patrimoine, dans lequel les dividendes explosent. C’est là-dessus qu’il faut travailler. », a -t-elle ajouté.

Même constat pour Cyril Chabanier, président de la CFTC, qui s’est exprimé sur franceinfo. « Il va être compliqué de trouver 40 milliards d’euros supplémentaires sans avoir quelques mesures fortes, en particulier sur les entreprises et sur les plus hauts salaires. », a t-il affirmé.

 Chabanier appelle notamment à réévaluer les 200 milliards d’aides aux entreprises, versées selon lui « sans aucune conditionnalité, sans aucune évaluation de leur efficacité ». Il suggère qu’un audit pourrait dégager jusqu’à 20 milliards d’euros d’économies.

Pas de coupes aveugles : priorité aux investissements d’avenir

Le président de la CFTC insiste également sur la nécessité de préserver les investissements stratégiques.  « Ce n’est pas forcément le moment de baisser les investissements. La France a besoin de se réindustrialiser, de financer sa transition écologique, sa transition numérique… Il ne faut pas sabrer sur des secteurs en difficulté tels que l’éducation ou la santé, ce qui serait incompris par nos concitoyens. », a-t-il expliqué.

Pour coordonner l’action gouvernementale et associer les partenaires sociaux, une réunion du comité d’alerte budgétaire est prévue ce mardi 15 avril à Matignon, en présence du Premier ministre François Bayrou.

Dans un contexte international tendu — notamment marqué par l’instabilité des politiques douanières américaines sous la présidence Trump — la France entend tenir le cap budgétaire. Mais entre réduction du déficit, pression de la dette, exigences sociales et pression des agences de notation, le gouvernement devra naviguer avec une extrême prudence.

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