Face à la dégradation continue de la situation à Gaza et à la nécessité de relancer une dynamique politique au Proche-Orient, l’Union européenne a annoncé, ce lundi, un plan d’aide d’un montant de 1,6 milliard d’euros en faveur des Palestiniens, réparti jusqu’en 2027. Un soutien destiné en grande partie à renforcer l’Autorité palestinienne dans le cadre de la défense d’une solution à deux États.
« Nous renforçons notre soutien au peuple palestinien. 1,6 milliard d’euros jusqu’en 2027 aideront à stabiliser la Cisjordanie et Gaza », a déclaré sur X la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, soulignant l’engagement durable de Bruxelles envers la cause palestinienne.
Un plan en plusieurs volets
Dans le détail, 620 millions d’euros seront versés sous forme de dons directs au budget de l’Autorité palestinienne, tandis que 576 millions financeront des projets économiques en Cisjordanie et à Gaza, « une fois que la situation leur permettra », a précisé la Commission européenne. S’ajoutent à cela 400 millions d’euros de prêts, mobilisés via la Banque européenne d’investissements.
Ce nouveau soutien intervient après une première annonce en juillet dernier, où l’UE avait débloqué 400 millions d’euros, conditionnant toute aide supplémentaire à des réformes internes au sein de l’Autorité palestinienne.

Ce lundi, les 27 ministres des Affaires étrangères de l’UE se sont réunis à Luxembourg en présence du Premier ministre palestinien Mohammed Mustafa.
« Nous demandons une gouvernance, une bonne gouvernance. Cela est d’une importance capitale, car nous voulons savoir comment l’Autorité palestinienne va gouverner non seulement la Cisjordanie, mais aussi Gaza », a insisté Dubravka Suica, commissaire européenne à la Méditerranée, à l’ouverture de la réunion.
Pressions diplomatiques pour un cessez-le-feu
Plusieurs capitales européennes ont profité de cette rencontre pour exiger un cessez-le-feu immédiat à Gaza et un accès sans entrave à l’aide humanitaire. « Il faut revenir au cessez-le-feu, permettre l’accès sans entrave de l’aide humanitaire et libérer les otages du Hamas », a déclaré le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot.
La France entend également jouer un rôle diplomatique important. Le président Emmanuel Macron a annoncé qu’une reconnaissance de l’État palestinien pourrait intervenir « en juin », lors d’une conférence aux Nations unies qu’elle coprésidera avec l’Arabie saoudite. Une reconnaissance qui pourrait, espère Paris, entraîner celle d’Israël par plusieurs pays arabes.
Macron-Abbas : un appel conjoint à l’aide humanitaire et à la paix
Lors d’un échange avec le président Mahmoud Abbas, Emmanuel Macron a réaffirmé son soutien à l’Autorité palestinienne. Selon l’agence de presse officielle palestinienne Wafa, les deux dirigeants ont convenu de la « nécessité urgente d’un cessez-le-feu » à Gaza, de « l’accélération de la livraison de l’aide humanitaire », du « rejet du déplacement du peuple palestinien de son territoire », et de la « prise en charge de Gaza par l’Autorité palestinienne ».
Ils ont également soutenu la mise en œuvre du plan arabe de redressement rapide et de reconstruction de Gaza, tout en réaffirmant l’importance du maintien des Palestiniens sur leur terre.
Sur les réseaux sociaux, Emmanuel Macron a précisé sa vision pour « le jour d’après ».
« Il est essentiel de bâtir un cadre pour le jour d’après : désarmer et écarter le Hamas, définir une gouvernance crédible et réformer l’Autorité palestinienne », a indiqué le président français.
Avec cette série d’annonces, l’Union européenne cherche à renforcer son rôle diplomatique au Proche-Orient, malgré les tensions persistantes avec Israël. Pour Bruxelles comme pour Paris, le soutien à l’Autorité palestinienne et la poursuite d’une solution politique à deux États apparaissent comme les seuls garants d’un avenir stable dans la région
