- Réunis à l’Élysée, Emmanuel Macron, le secrétaire d’État américain Marco Rubio et l’envoyé spécial de Donald Trump Steve Witkoff ont entamé ce jeudi des discussions sur le conflit en Ukraine.
- Une rencontre diplomatique inédite qui vise à poser les bases d’un accord de paix durable, dans un contexte de tensions croissantes entre les alliés occidentaux et la Russie.
Ce jeudi, Emmanuel Macron a accueilli les à l’Élysée le secrétaire d’État américain Marco Rubio, l’émissaire spécial de Donald Trump Steve Witkoff, ainsi que des représentants venus de Kiev, Londres et Berlin. Autour de la table, tous avaient un objectif commun : raviver un dialogue diplomatique essoufflé et tenter de tracer un chemin vers la paix, dans une Europe toujours ébranlée par la guerre en Ukraine.
Une diplomatie en mouvement, malgré les tensions
Tout au long de la journée, des rencontres bilatérales et multilatérales se sont enchaînées dans les salons de l’Élysée. Dès 10h, Emmanuel Bonne, conseiller diplomatique du chef de l’État, a ouvert le bal avec un premier échange réunissant Andry Yermak, chef de cabinet de Volodymyr Zelensky, ainsi que Jonathan Powell, conseiller à la sécurité nationale du Royaume-Uni, et Jens Plötner, représentant de l’Allemagne. Une heure plus tard, ces discussions se sont poursuivies avec l’arrivée de Steve Witkoff, représentant les intérêts diplomatiques de Donald Trump.
Dans ce ballet de discussions discrètes mais stratégiques, la France a joué le rôle de chef d’orchestre. « Il s’agit d’une occasion rare de créer une convergence entre les positions américaines, européennes et ukrainiennes », a commenté Emmanuel Macron, insistant sur la nécessité d’un dialogue franc, même entre alliés parfois en désaccord sur le tempo ou la méthode.

L’objectif commun : une paix robuste et négociée
« Je pense que tout le monde veut la paix, assurément, et une paix robuste et durable », a lancé le président français au début de la séance plénière. Un propos qui a trouvé un écho du côté de Washington. Selon l’Élysée, les échanges ont été qualifiés de « positifs et constructifs », et ont permis de poser les bases d’un processus diplomatique ouvert auquel les Européens seront pleinement associés.
Ce dialogue, amorcé à Paris, se prolongera la semaine prochaine à Londres, dans un format identique. Une manière, selon l’entourage présidentiel, de structurer une dynamique diplomatique régulière entre les parties concernées, malgré les lignes rouges qui subsistent entre les visions européennes et américaines du conflit.
Un message adressé à Moscou
En parallèle de la rencontre, Marco Rubio a personnellement contacté son homologue russe, Sergueï Lavrov, pour lui transmettre le contenu des discussions. « Le président Trump et les États-Unis veulent que cette guerre prenne fin et ont présenté à toutes les parties les grandes lignes d’une paix durable », a indiqué le département d’État dans un communiqué.
Ce message, Washington entend le faire entendre autant à Moscou qu’à Kiev. Il traduit une volonté américaine d’accélérer les efforts de désescalade, tout en ménageant l’implication des Européens dans la construction de cette paix.
Vers un accord stratégique sur les ressources ukrainiennes
Dans ce contexte diplomatique, Donald Trump a de son côté annoncé qu’un accord sur l’exploitation des minerais stratégiques ukrainiens serait signé dès jeudi prochain. Une annonce qui interroge sur la place des intérêts économiques dans les négociations en cours. Pour l’ancien président américain, il s’agit de compenser les aides versées à l’Ukraine depuis le début du conflit, et d’assurer un retour sur investissement stratégique.
Une Europe vigilante mais déterminée
Pour Jean-Noël Barrot, ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, cette séquence constitue une avancée importante. Invité sur LCI, il a salué « un succès diplomatique pour la France », rappelant qu’il s’agissait de la première fois que les Américains, les Ukrainiens et les Européens s’asseyaient autour de la même table depuis le début de la guerre.
Mais au-delà des symboles, la vigilance reste de mise. « Pour que la paix soit durable, il faut renforcer l’armée ukrainienne, développer la production locale d’équipements et maintenir la pression sur Moscou », a-t-il martelé. Et de conclure : « Une paix durable ne peut être atteinte qu’avec le consentement et la contribution des Européens« , a-t-il martelé.
