- À l’approche du week-end prolongé du 8 mai, les syndicats CGT-Cheminots et SUD-Rail appellent à la grève.
- En cause : les conditions de travail et les primes jugées insuffisantes.
Une nouvelle grève à la SNCF pourrait perturber massivement les déplacements des Français à l’occasion du pont du 8 mai. Les syndicats CGT-Cheminots et SUD-Rail, respectivement premier et troisième syndicats de l’entreprise publique, ont déposé un préavis de grève couvrant la semaine du 5 au 11 mai. L’appel vise à dénoncer une dégradation des conditions de travail, notamment pour les contrôleurs, et à réclamer une revalorisation des primes.
Dans leur viseur : la prime de traction pour les conducteurs, la prime de travail pour les contrôleurs, et la gestion des plannings, jugée chaotique. « Les modifications de dernière minute se multiplient, provoquant des désagréments importants dans la vie des agents », fustige la CGT dans un communiqué. SUD-Rail, de son côté, appelle à une mobilisation du 9 au 11 mai, au cœur du week-end prolongé.
La direction dénonce un mouvement excessif
Face à la menace d’une paralysie du réseau, la direction de la SNCF monte au créneau. Dans une interview accordée au Parisien, Christophe Fanichet, PDG de SNCF Voyageurs, appelle à la responsabilité. « Nous avons tenu tous nos engagements, notamment sur les plannings. Une grève à cette période serait un non-sens économique », avertit-il. Il rappelle que l’entreprise a accordé en 2025 une augmentation générale de 2,2 %, supérieure à l’inflation.
Le patron du rail redoute aussi une fuite des usagers vers la concurrence. « Une grève, c’est inciter les voyageurs à tester le covoiturage, le bus, ou d’autres opérateurs ferroviaires », insiste-t-il.
Un ministre ferme mais en retrait
Interrogé ce vendredi sur Europe 1 et CNews, le ministre des Transports Philippe Tabarot n’a pas caché son agacement. « Certaines revendications paraissent excessives. Il n’est pas question de lâcher encore des millions d’euros », a-t-il tranché. Sans vouloir s’ingérer dans les négociations, il a néanmoins rappelé que les contrôleurs — à l’origine du mouvement — ont bénéficié de 17 à 18 % d’augmentation en trois ans.
Tabarot appelle à préserver le droit au déplacement. « Je ne veux pas donner raison à ceux qui utilisent l’arme de la grève contre les Français qui souhaitent simplement voyager. », a-t-il indiqué
Une mobilisation stratégique et ciblée
L’appel à la grève tombe à un moment stratégique. Le pont du 8 mai, traditionnellement propice aux départs en week-end, s’annonce chargé. En janvier, plus d’1,15 million de billets avaient été vendus en une seule journée pour cette période, selon SNCF Connect.
L’objectif des syndicats est clair : peser sur l’organisation au moment où la SNCF joue gros en termes d’image et de fréquentation. La CGT-Cheminots appelle même à entamer le mouvement dès le lundi 5 mai, trois jours avant SUD-Rail, étendant ainsi l’impact potentiel de la mobilisation.
Voyageurs et direction dans l’expectative
À moins d’un compromis de dernière minute, le rail français pourrait connaître une semaine noire début mai. Pour les voyageurs, les jours à venir seront décisifs. Pour la SNCF, c’est un nouveau test d’équilibre entre dialogue social, impératifs économiques et attentes du public.
