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vendredi, mars 20, 2026
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Le FMI abaisse ses prévisions de croissance mondiale : la guerre commerciale fragilise l’économie

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  • Face à un ralentissement économique mondial alimenté par les tensions commerciales et l’incertitude géopolitique, le Fonds monétaire international tire la sonnette d’alarme.
  • Dans ses dernières prévisions, l’institution abaisse ses projections de croissance pour la France, la zone euro, les États-Unis et la Chine.
  • Entre réformes urgentes et menaces protectionnistes, l’économie mondiale entre dans une phase délicate, où chaque décision compte.

Le climat économique mondial continue de se détériorer. Dans ses dernières prévisions publiées en avril, le Fonds monétaire international (FMI) a abaissé de manière significative ses estimations de croissance pour plusieurs grandes économies, pointant du doigt les effets délétères de la guerre commerciale relancée par les États-Unis.

Une croissance française revue à la baisse

Pour la France, l’institution basée à Washington table désormais sur une croissance de 0,6 % en 2025, soit 0,2 point de moins que ses précédentes projections de janvier. L’année suivante, la croissance atteindrait 1 %, contre 1,1 % auparavant.

Une tendance qui s’inscrit dans un ralentissement plus large touchant l’ensemble de la zone euro. Le FMI prévoit une croissance de 0,8 % pour l’ensemble de la région, en recul de 0,2 point. L’Allemagne, traditionnel moteur économique du continent, devrait enregistrer une croissance nulle, tandis que l’Italie ne progresserait que de 0,4 %.

« Les droits de douane vont affaiblir une reprise économique modeste dans la zone euro, malgré une hausse des dépenses publiques dans certains pays comme l’Allemagne », a averti Pierre-Olivier Gourinchas, chef économiste du FMI, lors d’une conférence de presse.

Il suggère néanmoins que « plus de dépenses d’infrastructures pourraient aider à accélérer la croissance ».

Un ralentissement généralisé

Aux États-Unis, la croissance est attendue à 1,8 %, en chute de 0,9 point par rapport aux prévisions de janvier. Le Canada devrait s’en sortir avec 1,4 % (-0,6 point), tandis que le Mexique pourrait entrer en récession avec une contraction de 0,3 %, affecté par sa forte dépendance aux exportations vers son voisin américain.

En Asie, la Chine voit également ses perspectives s’assombrir. La croissance attendue pour 2025 est désormais de 4 %, bien en deçà de l’objectif officiel de Pékin fixé à 5 %. Le FMI tablait initialement sur une progression de 4,6 %.

La guerre commerciale s’intensifie

L’une des principales causes de cette dégradation : l’escalade commerciale entre les États-Unis et la Chine. Le président américain a récemment augmenté les droits de douane de 10 % sur l’ensemble des produits importés, allant jusqu’à 145 % pour certains biens chinois. En réaction, Pékin a riposté en imposant 125 % de taxes supplémentaires sur les produits américains.

« Cela aura des conséquences », avait déjà prévenu la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, en fin de semaine dernière.

« Car pendant que les grands s’affrontent, les plus petits pays sont pris entre deux feux. La Chine, l’Union européenne et les États-Unis sont les plus gros importateurs. La taille importe et ils sont capables de provoquer d’énormes retombées sur le reste du monde. », précise la directrice générale du FMI

Des réformes nécessaires pour un rebond

Face à ce constat alarmant, le FMI appelle les gouvernements à prendre leurs responsabilités. Pour Kristalina Georgieva, l’espoir d’un redressement demeure.

« Les perspectives de l’économie mondiale montreront aussi que si les pouvoirs publics prennent des mesures pour réglerles divergences et rétablir l’équilibre, l’issue sera meilleure », a-t-elle déclaré.

Elle insiste sur la nécessité pour les États de « remettre de l’ordre dans leurs affaires », soulignant qu’« il n’y a pas de place pour reporter les réformes nécessaires ». Cela implique notamment une action budgétaire résolue, des réformes du secteur bancaire, des marchés de capitaux, de la concurrence, ainsi qu’une adaptation aux usages de l’intelligence artificielle, qui pourrait selon elle générer « d’importants gains de croissance ».

Une coopération indispensable dans un monde multipolaire

Pour conclure, la directrice générale du FMI a rappelé le rôle clé de l’organisation dans ce contexte incertain.« Dans un monde désormais multipolaire, la plus importante des priorités est de nous assurer que nous pouvons coopérer », a-t-elle affirmé en précisant que le FMI « doit jouer un rôle en tant que lieu essentiel pour le dialogue dans une période cruciale. »

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