- Face à un déficit énergétique persistant, l’Égypte engage une vaste campagne de forage dans le désert oriental.
- Le Caire lance une campagne de forage de 75 nouveaux puits dans le golfe de Gharib, avec l’objectif de relever sa production de brut de 9 % en 2024/2025.
- Objectif : renforcer sa production nationale de brut, attirer des investissements étrangers et consolider sa place sur l’échiquier énergétique régional.
Dans un contexte de pression sur les approvisionnements énergétiques, l’Égypte engage une nouvelle phase offensive pour renforcer sa production pétrolière. Le ministère du Pétrole a donné le coup d’envoi d’une vaste campagne de forage dans le golfe de Gharib, au cœur du désert oriental. En ligne de mire : 75 puits à forer au cours des douze prochains mois, sous la houlette de l’Egyptian General Petroleum Corporation (Compagnie pétrolière nationale égyptienne, EGPC).
Actuellement, la zone ciblée affiche une production modeste de 1 500 barils par jour. Mais les autorités misent sur un gain significatif : 7 500 barils additionnels quotidiens, un volume qui viendrait consolider l’objectif national de 637 000 barils/jour d’ici la fin de l’exercice budgétaire 2024/2025.
« Nous accélérons le développement de cette région afin de stabiliser notre production nationale et réduire notre dépendance aux importations », a déclaré un porte-parole du ministère.
Trois plateformes déjà sur le terrain
Trois tours de forage sont actuellement déployées dans la région, illustrant la volonté du gouvernement de passer à la vitesse supérieure. Cette campagne s’inscrit dans un plan d’investissement plus large, qui a vu l’injection de 200 millions de dollars dans l’exploration et l’exploitation d’hydrocarbures depuis le début de l’année.
Mais les ambitions ne s’arrêtent pas là. Le Caire espère séduire jusqu’à 4 milliards de dollars d’investissements étrangers, en mettant en avant la stabilité accrue de ses approvisionnements internes et les efforts de modernisation de ses infrastructures énergétiques.
Un enjeu stratégique pour la balance énergétique
Face à un déficit énergétique structurel et à une facture d’importations hydrocarbures toujours plus lourde, l’Égypte cherche à renforcer sa résilience énergétique. Le développement du golfe de Gharib s’inscrit dans une stratégie nationale visant à restaurer les équilibres macroéconomiques, en réduisant les sorties de devises et en sécurisant l’approvisionnement domestique.
Une vitrine pour attirer les capitaux
La montée en puissance de la production nationale est également vue comme un geste fort envers les investisseurs internationaux, à un moment où la concurrence pour les capitaux dans le secteur de l’énergie se fait plus féroce. Pour Le Caire, il s’agit aussi de consolider sa position géostratégique dans un Moyen-Orient en recomposition énergétique.
À moyen terme, les retombées espérées sont autant économiques que politiques : moins de dépendance, plus de contrôle sur les ressources, et une posture renforcée sur l’échiquier régional.
