- Malgré un environnement économique mondial incertain et les tensions régionales persistantes, la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA) affiche des signes de redressement.
- Selon les dernières prévisions du FMI, la croissance économique devrait rebondir en 2025-2026, notamment grâce aux réformes entreprises par certains pays comme l’Égypte.
- Toutefois, les incertitudes demeurent, et la région devra naviguer avec prudence dans les mois à venir.
La situation économique dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA) a connu une évolution contrastée ces dernières années, fortement impactée par les tensions géopolitiques et les conflits internes. Toutefois, la directrice du Fonds monétaire international (FMI), Kristalina Georgieva, a annoncé un redressement pour cette année, avec des perspectives plus positives pour 2025 et 2026.
Lors d’une conférence de presse, Kristalina Georgieva a indiqué que la croissance économique de la région MENA devrait atteindre 2,8 % en 2025, après avoir enregistré 3,3 % en 2024. Une révision à la baisse qui s’explique principalement par la persistance des conflits régionaux et l’impact des fluctuations mondiales des prix des matières premières.
Cependant, le FMI a également annoncé une prévision de croissance plus optimiste pour 2026, avec un retour à 3 %, ce qui laisse entrevoir un léger rebond pour les économies de la région. Ce redressement serait en partie dû à la stabilisation de certaines économies, bien que les tensions géopolitiques restent un frein à une reprise rapide.
L’Égypte : des perspectives de croissance encourageantes
Un pays semble se démarquer positivement dans cette révision : l’Égypte. Après une année difficile, l’économie égyptienne montre des signes de redressement. Le FMI a revu à la hausse ses prévisions de croissance pour le pays, passant de 3,8 % pour l’année fiscale 2024-2025 à 4,3 % pour l’année suivante (2025-2026).
Ces prévisions optimistes reflètent les efforts de réformes économiques engagés par le gouvernement égyptien pour stabiliser l’économie, malgré les turbulences internes et externes. La mise en place de réformes structurelles, combinée à une gestion plus rigoureuse des finances publiques, semble porter ses fruits, offrant ainsi une lueur d’espoir pour la croissance future.
Les tensions commerciales mondiales et leurs impacts
Kristalina Georgieva a également abordé l’impact des tensions commerciales mondiales, notamment la guerre commerciale entre les États-Unis et d’autres grandes puissances économiques. Selon la directrice du FMI, la zone euro semble relativement moins affectée par ces tensions, comparativement à d’autres régions du monde, dont la MENA.
Par ailleurs, la question des fluctuations du dollar et des mesures douanières américaines a été un autre point central de la conférence. Georgieva a expliqué que l’oscillation de la valeur du dollar reste une donnée classique dans l’économie mondiale. Pour les pays importateurs de la région MENA, une faiblesse du dollar engendre des déséquilibres budgétaires importants, alors que pour les nations exportatrices, elle constitue une opportunité pour augmenter leur compétitivité.
Le soutien international reste crucial
Face à ces défis économiques, le soutien du FMI et d’autres institutions internationales reste essentiel. Lors de la conférence, Kristalina Georgieva a souligné que le Fonds suit de près la situation économique de pays comme la Jordanie et l’Égypte, durement frappés par les conflits régionaux.
Le FMI a d’ailleurs indiqué qu’il pourrait ajuster ses programmes d’aide en fonction de l’évolution de la situation, afin de soutenir les pays les plus affectés par les crises politiques et économiques.
Une reprise encore fragile
Bien que la région MENA montre des signes de stabilisation et de reprise économique pour les années à venir, la situation reste fragile. Les prévisions de croissance pour 2025 et 2026 laissent entrevoir un potentiel de redressement, notamment pour l’Égypte, mais les tensions géopolitiques et les défis économiques mondiaux continueront d’influencer le rythme de cette reprise.
La communauté internationale, et en particulier le FMI, continuera de jouer un rôle clé dans l’accompagnement de la région, avec une attention particulière aux pays les plus vulnérables.
