Jean-Noël Barrot, ministre des Affaires étrangères, a exprimé ce mardi une ferme condamnation du plan israélien visant à contrôler la bande de Gaza, qu’il juge incompatible avec le droit international.
Le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, a vivement réagi ce mardi 6 mai à l’annonce du cabinet de guerre israélien d’un plan de « conquête » totale de la bande de Gaza. Une opération qu’il juge en violation flagrante du droit international.
« C’est une condamnation très ferme parce que c’est contraire au droit international », a déclaré le ministre au micro de RTL, quelques heures après que Tel-Aviv a officialisé sa volonté de prendre le contrôle de l’ensemble du territoire palestinien.
Le gouvernement israélien intensifie son offensive
Selon une source officielle, le cabinet de guerre israélien a validé lundi un plan militaire visant à s’emparer de la bande de Gaza et à en assurer le contrôle. L’opération, à en croire les autorités militaires, nécessiterait le déplacement de la majorité de la population civile hors des zones de combat. Une stratégie confirmée par le général de brigade Effi Defrin, porte-parole de l’armée israélienne.
Paris réclame un cessez-le-feu immédiat
La position de la France reste inchangée : la priorité absolue est la fin des hostilités. « L’urgence, c’est le cessez-le-feu », a insisté Jean-Noël Barrot, appelant également à un accès humanitaire sans entrave dans une enclave où le risque de famine est qualifié de « réel ».
« On veille à ce que l’aide humanitaire puisse toujours parvenir aux populations qui en ont besoin », a-t-il rappelé, dénonçant les attaques contre les civils et les travailleurs humanitaires.
Pour le ministre, même dans un contexte de guerre, certaines limites ne doivent pas être franchies. « On ne s’attaque pas aux civils, on ne s’en prend pas aux humanitaires », a-t-il martelé. Le chef de la diplomatie française appelle la communauté internationale à revenir aux fondamentaux.
« Redonner des couleurs à ce que longtemps a été l’objet d’un respect strict : le droit de la guerre, la protection des plus vulnérables. », a-t-il affirmé
Hamas, otages et responsabilité partagée
Jean-Noël Barrot n’a pas éludé la question des otages détenus par le Hamas, rappelant l’ »extrême gravité » des actes du mouvement islamiste. « Il faut évidemment leur libération« , a-t-il souligné, tout en reconnaissant le traumatisme causé par l’attaque du 7 octobre 2023 en Israël.
Mais pour le ministre, cela n’exonère pas le gouvernement israélien de ses obligations. »Ce n’est pas faire offense au peuple israélien que de dire que ce gouvernement est en infraction manifeste avec le droit international. », a -t-il affirmé
Une situation humanitaire critique
Soumise à un blocus total depuis le 2 mars, la bande de Gaza est au bord de l’effondrement humanitaire. Selon les Nations unies, la quasi-totalité des 2,4 millions d’habitants de l’enclave ont été déplacés à plusieurs reprises depuis le début de la guerre. Lundi, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, s’est dit « alarmé » par le nouveau plan israélien.
