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L’Algérie et le Sultanat d’Oman concluent une dizaine d’accords de partenariat

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  • L’Algérie et le Sultanat d’Oman ont conclu, à l’occasion de la visite officielle du Sultan Haitham ben Tariq à Alger, une série d’accords couvrant les secteurs de l’énergie, des mines, de la finance, de la pharmacie, et de l’agriculture.
  • Ces protocoles visent à intensifier les échanges économiques, favoriser les investissements croisés et jeter les bases d’un partenariat durable à forte valeur ajoutée pour les deux économies.

   La visite d’État du Sultan d’Oman, Haitham ben Tariq, à Alger s’est traduite par la signature de plusieurs accords de coopération à haute portée économique, confirmant la volonté partagée des deux pays d’approfondir leurs relations bilatérales. De l’énergie aux industries extractives, en passant par la finance, l’agriculture et la pharmacie, ces engagements ouvrent la voie à une dynamique de partenariat multisectoriel, orientée vers la diversification des investissements et le transfert de savoir-faire.

Énergie et ressources : un partenariat axé sur la valorisation des richesses naturelles

La signature d’un mémorandum d’entente entre l’Office national de la recherche géologique et minière (ORGM), filiale du groupe Sonarem, et Minerals Development Oman (MDO), marque une volonté commune de valoriser les ressources minières à travers des partenariats techniques et opérationnels.

Ce rapprochement pourrait permettre à l’Algérie de bénéficier de l’expertise d’Oman dans la gestion des projets miniers intégrés, tout en ouvrant aux entreprises omanaises un accès structuré au marché minier nord-africain.

Dans le secteur pétro-gazier, la feuille de conditions signée entre Sonatrach et Abraj Energy Services annonce de futures synergies dans les services pétroliers, notamment en forage et en ingénierie. Ce protocole vise à définir les principales conditions techniques, juridiques, économiques et commerciales en vue d’évaluer la création d’une société mixte de services pétroliers intégrés en Algérie.

Selon le communiqué du groupe Sonatrach, cette future entité interviendrait « notamment dans le forage, le work over, les services aux puits et la gestion de projets intégrés, en donnant la priorité au marché algérien », tout en « élargissant son champ d’intervention aux marchés internationaux ».

Finances, santé et agriculture : cap sur la diversification des investissements

Le lancement d’un fonds d’investissement conjoint entre le ministère algérien des Finances et l’Autorité d’investissement d’Oman est l’un des axes les plus significatifs de cette coopération. Ce mécanisme financier, qui devrait cibler des projets productifs dans les infrastructures, l’agro-industrie ou les énergies renouvelables, reflète une stratégie d’intégration économique entre pays à forte complémentarité.

Du côté de la santé et de l’industrie pharmaceutique, un mémorandum d’entente a été signé en vue de structurer les échanges technologiques et d’ouvrir la voie à des investissements conjoints dans la production locale de médicaments. L’Algérie, qui mise sur la souveraineté sanitaire, pourrait tirer profit de l’expérience omanaise dans le domaine de la biotechnologie.

En agriculture, la convergence s’est matérialisée par trois accords, couvrant l’agriculture végétale, la santé animale et les ressources halieutiques. Ces programmes visent à optimiser les chaînes de valeur rurales tout en intégrant les enjeux de durabilité et de sécurité alimentaire.

 Emploi, recherche et justice : structuration des cadres institutionnels

Au-delà des aspects productifs, plusieurs accords visent à renforcer les institutions économiques et sociales. Le programme de coopération en matière d’inspection du travail (2025–2027) s’inscrit dans une logique d’harmonisation des normes et de renforcement de la régulation du marché de l’emploi. Il s’agit d’un volet essentiel pour attirer les IDE et protéger les travailleurs dans les deux juridictions.

Dans l’enseignement supérieur, le protocole signé pour la période 2026–2028 prévoit la consolidation des partenariats universitaires, le financement de projets de recherche conjoints, et le développement de formations techniques en lien avec les priorités économiques des deux pays.

Enfin, dans le domaine juridique, la coopération entre les ministères de la Justice vise à moderniser l’environnement législatif et à améliorer la coordination judiciaire, notamment en matière d’investissements, d’arbitrage et de propriété intellectuelle.

En misant sur des secteurs à forte valeur ajoutée — énergie, pharmacie, agriculture, innovation — les deux pays entendent bâtir une alliance équilibrée, résiliente et orientée vers l’avenir. Reste désormais à assurer un suivi opérationnel efficace de ces engagements, condition essentielle pour traduire ces initiatives en projets concrets et en croissance partagée.

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