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L’UE adopte un 17e paquet de sanctions contre la Russie : cap sur les pétroliers « fantômes »

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  • Face à la multiplication des navires clandestins utilisés par Moscou pour contourner l’embargo sur le pétrole, l’Union européenne frappe fort avec un 17e paquet de sanctions.
  • Près de 200 nouveaux « pétroliers fantômes » sont ciblés, alors que les tensions diplomatiques s’accentuent autour d’un cessez-le-feu exigé par Kiev.

   Les ambassadeurs des 27 États membres de l’Union européenne ont donné, mercredi, leur feu vert à un 17e train de sanctions contre la Russie, visant cette fois une flotte de navires dissimulés, utilisés pour contourner l’embargo pétrolier imposé à Moscou depuis 2022.

En discussion depuis plusieurs semaines, ce nouveau paquet de mesures cible près de 200 nouveaux « pétroliers fantômes » identifiés comme servant au transport illégal de pétrole russe. Avec ces ajouts, 345 navires sont désormais dans le collimateur de Bruxelles. Ces bâtiments, souvent vétustes, non immatriculés et opérant sans assurance occidentale, évoluent principalement en mer Baltique.

Une flotte clandestine en pleine expansion

Depuis le début de l’invasion de l’Ukraine, en février 2022, la Russie a constitué une flotte parallèle pour contourner les restrictions européennes. Selon un rapport de l’École d’économie de Kiev, environ 430 navires liés à cette activité ont été repérés à travers le monde.

« Cette flotte opère dans des conditions de sécurité précaires, sans encadrement clair, et constitue une menace à la fois économique et environnementale », confie une source diplomatique européenne.

L’ombre d’un cessez-le-feu, la pression monte

Ces sanctions interviennent dans un contexte tendu sur le plan diplomatique. Samedi, Kiev et ses alliés ont adressé un ultimatum à Moscou, exigeant un cessez-le-feu complet de 30 jours, sous peine de nouvelles « sanctions massives ». Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a exhorté mardi ses partenaires à imposer des mesures « les plus fortes possibles » en cas de refus de Vladimir Poutine de négocier.

« Notre volonté, c’est de prendre des sanctions », a martelé Emmanuel Macron mardi soir sur TF1, évoquant des sanctions secondaires visant les « revendeurs de services financiers ou d’hydrocarbures » qui contribuent indirectement à soutenir l’économie de guerre russe.

Moscou dénonce « le langage des ultimatums »

La réaction russe ne s’est pas fait attendre. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a vivement critiqué les conditions posées par l’Ukraine et ses alliés. « On ne peut pas parler ainsi à la Russie », a-t-il déclaré, dénonçant un ton qu’il juge contre-productif.

Du côté européen, la chancellerie allemande a elle aussi haussé le ton. Le chancelier Friedrich Merz a prévenu qu’en l’absence de progrès concrets, de nouvelles sanctions seraient imposées dans les prochains jours.

Un arsenal de sanctions sans précédent

Depuis l’annexion de la Crimée en 2014, l’Union européenne a adopté une série de mesures restrictives contre Moscou, considérablement renforcées après février 2022. À ce jour, plus de 2 400 personnalités russes, dont Vladimir Poutine, ses ministres et de nombreux oligarques, sont frappées de gel d’avoirs et d’interdictions de voyage.

L’Europe a également fermé son espace aérien, suspendu la délivrance de visas, restreint l’exportation de technologies sensibles, et interdit l’importation de ressources stratégiques telles que le gaz, le pétrole, le charbon ou les diamants russes.

Sur le plan culturel, la Russie a été mise à l’écart de nombreux événements internationaux, comme l’Eurovision, et plusieurs artistes russes ont vu leurs tournées annulées.

Une efficacité limitée, mais un cap maintenu

Malgré cet arsenal de sanctions inédit, l’impact sur la stratégie du Kremlin demeure limité. Moscou continue d’écouler ses ressources vers des pays tiers, notamment la Chine, l’Inde et la Turquie. L’Inde, en particulier, raffine du pétrole russe avant de le revendre, parfois vers l’Occident, brouillant les frontières commerciales.

L’Union européenne planche désormais sur un plan de sortie définitive du gaz russe d’ici à 2027. Selon les chiffres de la Commission, la part du gaz russe dans les importations européennes est passée de 45 % en 2021 à 19 % en 2024.

Une traque des produits dérivés russes, qui transitent par des pays tiers, est également envisagée pour combler les brèches dans l’embargo en vigueur.

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