Sanofi annonce un plan d’investissement de 20 milliards de dollars aux États-Unis d’ici 2030. Cette décision stratégique vise à renforcer ses capacités de production et de recherche sur son principal marché, dans un contexte de tensions commerciales et de pression politique américaine en faveur de la relocalisation industrielle.
Sanofi muscle sa présence outre-Atlantique. Le géant pharmaceutique français a annoncé mercredi un plan d’investissement massif de 20 milliards de dollars aux États-Unis d’ici à 2030. Objectif : étendre sa capacité de production, intensifier ses efforts de recherche et développement, et anticiper les bouleversements liés à la politique commerciale américaine.
Le groupe, qui réalise près de la moitié de son chiffre d’affaires aux États-Unis, ne produit actuellement qu’un quart de ses médicaments sur le territoire, répartis dans cinq sites industriels. Cette nouvelle stratégie vise donc à rééquilibrer sa chaîne de valeur, dans un contexte de pressions protectionnistes croissantes à Washington.
« Les investissements prévus devraient créer un nombre important d’emplois bien rémunérés », assure Sanofi dans un communiqué diffusé aux États-Unis.
Recherche, production et partenariats locaux
Sanofi précise que ces 20 milliards de dollars seront utilisés pour accroître sensiblement ses dépenses de R&D et étendre ses capacités de production, notamment à travers des investissements directs sur ses sites actuels et des partenariats avec des fabricants américains. Il s’agit de garantir une fabrication locale de médicaments, conformément aux nouvelles attentes de l’administration américaine.
La part de ces investissements qui relève de projets déjà engagés n’est pas précisée. En revanche, le groupe indique que les retombées sociales seront significatives. Sanofi emploie aujourd’hui 13 000 salariés aux États-Unis.
Une réponse à l’offensive protectionniste américaine
L’annonce de Sanofi intervient alors que les grandes entreprises du secteur, à l’instar de Merck, Johnson & Johnson, Novartis, Eli Lilly ou Roche, ont déjà amorcé leur recentrage industriel vers les États-Unis. Washington multiplie les signaux pour relocaliser la production pharmaceutique, en mettant en avant la sécurité d’approvisionnement et l’emploi national.
Fin avril, lors de la présentation des résultats trimestriels, le directeur financier de Sanofi, François Roger, avait déjà évoqué de potentiels investissements supplémentaires sur le sol américain, soulignant que le groupe surveillait « de près le développement » de la situation politique. Il avait aussi rappelé que cette réflexion était engagée « avant même » les discussions sur d’éventuels droits de douane.
Polémiques en France autour des aides publiques
Si Sanofi affirme que cette stratégie ne se fera pas au détriment de sa présence en France, le contraste avec l’engagement américain du groupe ne manquera pas de relancer certaines critiques. La France, qui ne représente plus que 3 % du chiffre d’affaires mondial de Sanofi, reste néanmoins un terrain sensible pour le laboratoire.
Depuis plusieurs années, l’entreprise est régulièrement épinglée pour sa politique sociale : quatre plans sociaux en dix ans, 100 millions d’euros de crédit d’impôt recherche par an, et plus récemment, la vente en 2024 de sa filiale Doliprane à un groupe américain, sont autant d’éléments qui alimentent les polémiques sur sa stratégie.
