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IA, cloud et cybersécurité, Philippe Salle dévoile Genesis pour redresser Atos d’ici 2028

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  • Endetté, en perte de vitesse, le groupe Atos entame une restructuration profonde sous la houlette de son nouveau PDG, Philippe Salle.
  • Présenté comme stratégique, le plan Genesis vise à simplifier l’organisation, recentrer les activités autour de l’IA et de la cybersécurité, réduire les effectifs de près de 13 000 postes et réaliser 500 millions d’euros d’économies.
  •  Le tout, sans dividende jusqu’en 2028.

   Réduction d’effectifs massifs, recentrage stratégique sur l’intelligence artificielle et la cybersécurité, fermetures de pays, cessions ciblées : Philippe Salle détaille une stratégie radicale pour transformer Atos.

Philippe Salle, le nouveau PDG d’Atos a présenté jeudi un plan stratégique à horizon 2028 baptisé Genesis, censé remettre le groupe sur les rails après des années d’errance industrielle et financière. Au menu : simplification de la structure, focalisation sur les activités à forte valeur ajoutée, et surtout, une réduction massive des coûts et des effectifs.

L’ambition est claire : repositionner Atos comme un acteur incontournable des technologies numériques, avec un cap net vers l’intelligence artificielle et la cybersécurité.

Une organisation simplifiée autour de deux marques

Premier volet du plan : une refonte de la structure du groupe. Fini les complexités issues de la scission de 2023. Désormais, Atos s’articulera autour de deux marques : Atos pour les activités historiques, Eviden pour les nouvelles technologies.

« Nous avons simplifié la structure avec la holding Atos Group et deux marques, Atos et Eviden. Elles comprendront six business units pour la première et quatre pour la seconde », a expliqué Philippe Salle lors d’un point presse.

La marque TechFoundation disparaît, tandis que la marque Atos regroupe désormais l’infogérance, le développement applicatif, la cybersécurité, le digital workplace et la migration vers le cloud. Une nouvelle division dédiée à la data et à l’IA est également créée.

Intelligence artificielle : priorité absolue

L’intelligence artificielle (IA) est au cœur du plan Genesis. Atos veut en faire un levier de transformation interne et un argument de poids pour ses clients.

« Nous allons clairement nous orienter vers l’IA, aussi bien en interne qu’en externe. En interne, l’IA va servir à améliorer le delivery des différentes activités. Nous allons l’intégrer dans les back offices RH, finance ou IT. Cela servira de cas d’usage vis-à-vis des clients », a précisé le dirigeant.

Le groupe prévoit de soutenir cette stratégie par de la croissance externe dès 2026.

Réduction d’effectifs massive : jusqu’à 13 000 postes supprimés

La transformation aura un coût humain élevé. Si 1 000 suppressions de postes sont confirmées à court terme, le PDG évoque une réduction globale de 10 000 à 13 000 emplois dans le monde d’ici 2026.

« L’idée, c’est de chercher 400 à 500 millions de réductions de coûts en masse salariale », a-t-il déclaré sur BFM Business. L’entreprise, qui compte 73 000 collaborateurs aujourd’hui, devrait passer à environ 60 000 salariés courant 2026, « au point bas », selon ses mots.

Fermeture de pays et recentrage géographique

Autre mesure forte : la fermeture de plusieurs pays jugés non stratégiques. Si aucune liste n’a été dévoilée, Philippe Salle a indiqué que « plusieurs dizaines » de pays pourraient sortir de l’organigramme d’ici peu.

« Il y a énormément de pays sur lesquels nos parts de marché sont faibles. Mieux vaut se concentrer sur quelques pays et pousser les feux sur ces pays-là », a-t-il expliqué.

Atos concentrera désormais ses efforts sur six pôles régionaux : France, Allemagne, Autriche et Europe de l’Est, Benelux, Pays-Bas et pays nordiques, Royaume-Uni et Irlande, Amérique du Nord et marchés internationaux.

Des cessions ciblées, mais des actifs défendus

La cession de l’activité HPC (supercalculateurs) à l’État français est toujours en discussion. Une lettre d’engagement a été signée pour un montant compris entre 500 et 625 millions d’euros. « Les supercalculateurs, c’est un dossier à part. Il s’agit certainement de l’activité qui a un peu moins sa place au sein d’Atos », observe Philippe Salle.

En revanche, la vente de la division Mission Critical Systems (MCS), qui comprend notamment le système de commandement du programme Scorpion et la sécurité des réseaux dans les Rafale, est exclue.

« Au regard des évolutions en Europe sur les dépenses militaires, ce n’est pas le moment de vendre », tranche-t-il.

Objectifs financiers : moins de dividendes, plus de rigueur

Dans le cadre du plan Genesis, aucun dividende ni rachat d’actions ne sera réalisé avant 2028. L’objectif prioritaire reste le redressement financier du groupe. Pour cela, Atos vise une marge opérationnelle de 10 % d’ici 2028, avec un chiffre d’affaires cible de 10 milliards d’euros, en partie soutenu par des acquisitions.

Mais à court terme, les ambitions sont revues à la baisse : les prévisions 2025 tombent à 8,5 milliards d’euros, contre 9,5 milliards estimés en septembre 2024. En cause : une faible dynamique commerciale et la révision de plusieurs contrats.

Avec une dette encore élevée, malgré un allègement de 2,1 milliards d’euros en 2024 (sur les 5 milliards initiaux), Atos s’engage dans une transformation radicale. Selon la direction, Genesis n’est pas un simple plan d’optimisation, c’est une reconstruction en profondeur.

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