- Digitalisation, formation, réformes réglementaires… La Tunisie repense entièrement sa stratégie portuaire.
- Un nouveau schéma directeur, en cours de préparation, vise à faire des ports commerciaux de véritables moteurs de croissance économique d’ici 2040.
Une transformation en profondeur se profile à l’horizon pour les ports commerciaux tunisiens. À l’occasion d’une conférence nationale sur les défis du transport et de la logistique, le directeur du port commercial de Sfax, Nabil Karoui, a annoncé l’élaboration d’un schéma directeur à l’horizon 2040 par l’Office de la Marine marchande et des Ports (OMMP). Objectif : adapter les infrastructures portuaires aux évolutions économiques et logistiques du pays.
« Il est temps de repenser notre modèle portuaire, de diagnostiquer les limites actuelles et de construire une stratégie cohérente qui place les ports tunisiens au cœur de la relance économique », a déclaré Karoui.
Sfax et Skhira figurent parmi les priorités de ce plan de restructuration, qui s’inscrit dans une dynamique de modernisation nationale.
Ports et performance économique : un lien stratégique
Les ports tunisiens ne sont plus de simples plateformes d’échange. Ils constituent un maillon essentiel dans la chaîne logistique du pays. Pour Karoui, l’enjeu est clair : améliorer la qualité des services offerts aux navires et aux cargaisons, condition sine qua non pour booster les performances économiques de la Tunisie.
« Nos infrastructures doivent être capables de répondre aux standards internationaux en matière de rapidité, de sécurité et de digitalisation », a-t-il souligné.
Une conférence pour penser l’avenir logistique
Organisée par le Groupement professionnel du transport et de la logistique, relevant de la Confédération des entreprises citoyennes de Tunisie (CONECT), la conférence a réuni experts, professionnels et acteurs publics autour des grands axes de réforme. Les débats ont porté sur le transport terrestre, maritime, aérien, ainsi que sur les nouveaux enjeux de la logistique moderne.
Le secteur maritime, en particulier, a été placé au centre des discussions, dans un contexte mondial marqué par la digitalisation des services portuaires et la montée des exigences en matière de sécurité.
Former les compétences de demain
Parallèlement aux discussions stratégiques, deux conventions de partenariat ont été signées entre CONECT, l’Institut Supérieur des Études Technologiques de Sfax, et le Centre de Formation Professionnelle de Sidi Mansour. Objectif : développer des formations ciblées et adaptées aux besoins des entreprises logistiques.
« Il s’agit de créer des spécialités porteuses et de faciliter l’insertion professionnelle des jeunes », a expliqué Malek Aloui, porte-parole du Groupement. Selon lui, l’adéquation formation-emploi constitue un pilier fondamental pour accompagner la transformation du secteur.
Un cadre réglementaire à revisiter
Pour ce faire, une révision des textes réglementaires encadrant le secteur du transport et de la logistique est nécessaire. De nombreux cahiers des charges, encore en vigueur, datent de plus de vingt ans. Une actualisation juridique s’impose pour accompagner les réformes techniques et structurelles.
Enfin, des ateliers régionaux seront organisés dans les prochaines semaines à Sfax, Sousse et Tunis pour recueillir les doléances des professionnels et dégager des pistes de solutions concrètes.
