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Pierre-Edouard Stérin refuse une troisième convocation de la commission d’enquête : la justice saisie

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  • Malgré trois convocations officielles par la commission d’enquête parlementaire sur l’organisation des élections, Pierre-Edouard Stérin ne s’est toujours pas présenté devant les députés.
  • Le milliardaire invoque des menaces de mort, mais les parlementaires dénoncent une tentative d’évasion. La justice est désormais saisie.

    Pour la troisième fois depuis la mi-avril, Pierre-Edouard Stérin ne s’est pas présenté à sa convocation devant la commission d’enquête parlementaire sur l’organisation des élections. Les députés saisissent la justice.

Jamais deux sans trois. Ce mardi 20 mai, le milliardaire conservateur Pierre-Edouard Stérin a, une nouvelle fois, refusé de se présenter devant la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur l’organisation des élections en France. Une absence qui pourrait désormais lui valoir des poursuites judiciaires.

Le président de la commission, Thomas Cazenave (Ensemble pour la République), a annoncé qu’il allait « saisir dans l’après-midi le procureur de la République de Paris ». Un signalement qui s’appuie sur l’ordonnance du 17 novembre 1958 : une personne convoquée par une commission d’enquête parlementaire qui refuse de comparaître s’expose à deux ans d’emprisonnement et 7 500 euros d’amende.

« Des dizaines de menaces de mort »

Attendu à 11h, Pierre-Edouard Stérin, cofondateur du groupe Smartbox et fondateur de la société d’intelligence politique Périclès, a justifié son absence par des menaces contre sa sécurité. Invité sur CNews le matin même, il a déclaré avoir « reçu des dizaines de menaces de mort », affirmant avoir déposé « 24 plaintes » à ce sujet.

M. Stérin, qui réside en Belgique, a également souligné qu’il ne venait en France que « trois jours tous les deux mois », et a exigé que l’audition se tienne en visioconférence.

Une demande rejetée par la commission, qui affirme avoir pris les alertes au sérieux. Dans un communiqué publié le 19 mai, Thomas Cazenave et Antoine Léaument (LFI), rapporteur de la commission, ont rappelé que « les services du ministère de l’Intérieur ont indiqué qu’ils pouvaient assurer la sécurité du milliardaire aux abords de l’Assemblée nationale ». Ces garanties ont été communiquées « dès le samedi 18 mai » à l’intéressé.

« Faire les marioles devant les caméras »

Loin d’apaiser les tensions, les propos de l’homme d’affaires sur les parlementaires ont ajouté à la crispation. Sur CNews, il a critiqué vertement la tenue en présentiel de l’audition : « Les politiques, ils ont besoin de n’importe quel prétexte pour que leur nom soit mis en avant. Ils m’attendent avec des dizaines de journalistes pour faire les imbéciles devant les caméras. »

Une sortie qui a provoqué la colère des députés. « Rien ne justifie que Monsieur Stérin se place au-dessus des lois de la République, rien ne justifie qu’il méprise l’Assemblée nationale et ses représentants », a réagi Thomas Cazenave.

« Quand on porte un projet politique, on ne refuse pas de venir au cœur même de la vie politique française. », a t-il ajouté

Une stratégie pour « jouer la montre » ?

De son côté, le rapporteur Antoine Léaument soupçonne une manœuvre dilatoire. « Il sait que cette commission d’enquête est bornée dans le temps », a-t-il rappelé. En effet, celle-ci doit impérativement rendre ses conclusions avant le 6 juin 2025, date de la fin légale de ses travaux.

« Pierre-Edouard Stérin cherche à jouer la montre pour tenter de se dérober à ses obligations », accuse le député insoumis. L’objectif de la commission est pourtant clair : comprendre les éventuelles influences extérieures sur le processus électoral, et notamment le rôle de structures privées comme Périclès, fondée par Stérin pour promouvoir des idées conservatrices en France.

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