- L’Union européenne emboîte le pas aux États-Unis et lève ses sanctions économiques contre la Syrie.
Cette décision, intervenue quelques mois après la chute de Bachar al-Assad, vise à favoriser la reconstruction du pays et marque un tournant diplomatique majeur
Une semaine après Washington, l’Union européenne a annoncé la levée de l’ensemble de ses sanctions économiques contre la Syrie. Une décision symbolique et stratégique, accueillie avec satisfaction à Damas, qui entend désormais tourner la page de plus d’une décennie d’isolement.
C’est un virage diplomatique majeur. Réunis à Bruxelles, les ministres des Affaires étrangères des Vingt-Sept ont décidé de lever les sanctions économiques imposées à la Syrie depuis le début de la guerre civile en 2011. Cette mesure vise à « soutenir la reconstruction d’une Syrie nouvelle, inclusive et pacifique », a déclaré la Haute représentante Kaja Kallas, à l’issue de la réunion.
La décision intervient quelques jours seulement après l’annonce par Donald Trump, en déplacement à Riyad, de la fin des sanctions américaines contre Damas. « Je vais ordonner la cessation des sanctions contre la Syrie afin de lui donner une chance de grandeur », avait déclaré le président américain, entamant ainsi sa première tournée au Moyen-Orient depuis le début de son second mandat.
Un climat plus favorable à l’investissement
À Bruxelles, certains diplomates reconnaissent que l’annonce américaine a précipité les discussions. L’UE avait amorcé une première phase d’allègement des mesures dès février, notamment dans le secteur énergétique. Mais jusqu’ici, les restrictions financières et bancaires restaient en place, limitant les flux d’investissement et les échanges.
« Il n’y a aucune raison de les maintenir », affirmait début mai Ahmed al-Charaa, après une rencontre à l’Élysée avec Emmanuel Macron. Une position partagée par plusieurs ONG internationales, qui dénonçaient l’« effet de refroidissement » des sanctions sur les investisseurs potentiels, frileux à l’idée de collaborer avec une économie encore sous surveillance.
À Damas, un accueil enthousiaste
La réaction ne s’est pas fait attendre à Damas. « La levée des sanctions exprime la volonté régionale et internationale de soutenir la Syrie. Le peuple syrien a aujourd’hui une opportunité historique de reconstruire son pays. », s’est félicité Le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad al-Chaibani
Depuis la chute de Bachar al-Assad en décembre, les autorités de transition multiplient les appels à l’aide internationale. Pour les responsables syriens, cette ouverture occidentale est un levier indispensable pour stabiliser le pays et relancer son économie exsangue.
Des lignes rouges toujours en place
Toutes les sanctions n’ont toutefois pas été levées. Les restrictions liées à la vente d’armes, ou d’équipements pouvant servir à la répression interne, restent en vigueur. L’Union prévient : en cas de nouvelles violences, notamment contre les minorités religieuses, les sanctions pourraient être rétablies.
Par ailleurs, la question du retour des réfugiés, de la réforme des institutions et de la réconciliation nationale demeure centrale dans les discussions entre partenaires internationaux.
Une opportunité à saisir
Quatorze ans après le début de la guerre civile, l’heure est peut-être venue pour la Syrie d’ouvrir un nouveau chapitre. L’assouplissement des sanctions occidentales pourrait accélérer les projets de reconstruction, relancer les partenariats économiques et, à terme, favoriser une stabilisation durable du pays.
Mais l’avenir reste suspendu aux choix du gouvernement syrien par intérim et à l’évolution d’un terrain politique encore fragile.
