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Droits de douane de Trump : « c’est intenable » pour les filières française, alerte Laurent Saint-Martin

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  • La France s’alarme des conséquences des surtaxes douanières annoncées par Donald Trump, qui menacent d’asphyxier ses principales filières d’exportation.
  • Pour Laurent Saint-Martin, ministre délégué au Commerce extérieur, l’imposition de droits de douane massifs sur des produits européens «déboucherait sur une situation absolument intenable sur le long terme».
  • Une telle décision pourrait plonger des secteurs stratégiques comme l’aéronautique, les vins et spiritueux ou les cosmétiques dans une crise sans précédent

   Alors que Donald Trump brandit la menace de nouvelles surtaxes sur les importations européennes, la France s’inquiète des conséquences potentielles pour ses filières d’exportation les plus stratégiques.

« Pour certaines de nos filières, comme les vins et spiritueux, les cosmétiques, l’aéronautique et toutes celles de réussite à l’export, cela déboucherait sur une situation absolument intenable sur le long terme », a déclaré Laurent Saint-Martin, ministre délégué au Commerce extérieur, dans une interview accordée samedi à La Tribune et parue dimanche.

Le président américain envisage d’imposer dès le 1er juin des droits de douane pouvant atteindre 50 % sur les produits européens. Une mesure destinée, selon lui, à « rééquilibrer la balance commerciale américaine », mais qui pourrait s’avérer désastreuse pour l’économie française.

« Ce n’est donc pas une issue souhaitable », a prévenu M. Saint-Martin, en rappelant que « ce serait évidemment une catastrophe pour tout le monde mais, j’insiste, d’abord pour l’économie américaine « .

Des secteurs clés en première ligne

En 2024, les exportations françaises vers les États-Unis ont représenté près de 48,3 milliards d’euros. Parmi elles, l’aéronautique a dominé avec 9,1 milliards d’euros (18,8 % du total), suivie des boissons – notamment les vins et spiritueux – pour 4,1 milliards (8,4 %) et des produits pharmaceutiques à hauteur de 3,8 milliards (7,9 %).

Les États-Unis, de leur côté, exportent vers l’Union européenne principalement des logiciels, des services de communication et des produits technologiques. L’Europe leur vend surtout des automobiles, des machines-outils et des équipements de transport.

Des tensions déjà palpables

Cette menace tarifaire n’est pas une première. Ces derniers mois, l’administration américaine a déjà imposé des surtaxes de 25 %sur l’acier et l’aluminium, annoncées mi-mars, puis sur les automobiles, et enfin de 20 % sur d’autres produits européens, suspendues jusqu’en juillet pour permettre des négociations. Malgré cela, des droits de douane de 10 % continuent de s’appliquer sur la majorité des biens européens exportés vers les États-Unis.

« Certes, ce n’est pas la première fois que Trump menace l’Union européenne, ni les autres puissances d’ailleurs », a rappelé M. Saint-Martin. Mais le ministre a tenu à réaffirmer la volonté de dialogue de l’Europe : « L’Europe, ce n’est pas le Far-West ! Nous respectons les règles. C’est ce qui fait notre force ».

Une riposte européenne en discussion

Face à ces menaces, l’Union européenne envisage une riposte, bien que les modalités restent floues. « Tout est sur la table », a assuré le ministre. Toutefois, les États membres divergent sur l’ampleur de la réponse à apporter. « Nous ne partageons pas tous le même avis sur les niveaux de réponse à apporter. Il y a des nuances qui dépendent des vulnérabilités, des sensibilités, du rapport aux filières de chaque État-membre », a précisé M. Saint-Martin.

Pour l’heure, les discussions se poursuivent entre Bruxelles et Washington, alors que l’échéance du 1er juin approche. La France et l’Europe espèrent éviter une escalade qui serait dommageable pour les deux économies, déjà fragilisées par un contexte géopolitique tendu.

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