8.2 C
Paris
vendredi, mars 20, 2026
AccueilActualitéLoi Duplomb : les agriculteurs se mobilisent devant l’Assemblée nationale pour défendre...

Loi Duplomb : les agriculteurs se mobilisent devant l’Assemblée nationale pour défendre leur profession

Date:

  • Ce lundi 26 mai, les abords de l’Assemblée nationale vibrent au son des klaxons et des revendications agricoles alors que la loi Duplomb cristallise les tensions.
  • Entre colère et inquiétude, plusieurs centaines d’exploitants, menés par la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs, dénoncent les blocages parlementaires et les amendements massifs déposés par la gauche et les écologistes.
  • Un bras de fer qui révèle les profondes divisions autour de l’avenir du modèle agricole français.

    L’Assemblée nationale est le théâtre d’une mobilisation massive d’agriculteurs, ce lundi, à l’appel de la FNSEA et des Jeunes Agriculteurs (JA). Ces derniers se rassemblent pour soutenir la proposition de loi Duplomb, examinée en séance aujourd’hui. Un texte jugé « vital » par ses partisans, mais farouchement contesté par l’opposition écologiste et insoumise.

 Une mobilisation symbolique mais déterminée

Devant l’Assemblée nationale, entre 200 et 250 agriculteurs sont rassemblés, accompagnés d’une dizaine de tracteurs. « Dans tous les départements, il y aura des actions entre aujourd’hui et mercredi, plutôt de l’ordre du symbole », a précisé Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, sur Franceinfo. Selon lui, l’objectif n’est pas de bloquer la capitale. « Il n’a jamais été question de bloquer la capitale », assure-t-il.

« L’objectif n’est pas d’ennuyer les Français », mais de « montrer que l’agriculture française est en danger« , fait savoir le président de la FNSEA

Un texte controversé

La loi Duplomb vise à lever certaines contraintes réglementaires sur la profession, dont la réintroduction à titre dérogatoire d’un néonicotinoïde, malgré ses effets néfastes sur les insectes pollinisateurs. Le texte, soutenu par la FNSEA, est perçu comme une réponse à la crise agricole qui a secoué le secteur l’an dernier.

« Ce texte est attendu car il a des impacts dans les cours de ferme », insiste Arnaud Rousseau. Cependant, la Confédération paysanne s’oppose fermement à ce projet, dénonçant un « retour en arrière » et le poids disproportionné des syndicats majoritaires.

« On laisse croire que la profession souhaiterait voir baisser les normes environnementales, c’est faux. La FNSEA, ce n’est pas le monde agricole », a réagi Thomas Gibert, porte-parole du troisième syndicat agricole.

Un débat parlementaire sous tension

 Le texte fait face à une véritable fronde parlementaire : 3.500 amendements ont été déposés, majoritairement par les groupes LFI et écologiste. « Le débat commence aujourd’hui et il faut absolument que l’Assemblée nationale se saisisse du débat« , martèle Hervé Lapie, secrétaire général de la FNSEA, dans une vidéo publiée sur X. « C’est l’issue de 18 mois de mobilisation. Nous sommes là pour montrer la mobilisation des agriculteurs », ajoute-t-il.

 Les députés favorables à la loi ont déposé une motion de rejet pour contrer ce « mur d’amendements« . Pour Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, il s’agit d’ »une manœuvre de dernière minute » qui cache « de grands désaccords au sein du bloc majoritaire actuel« .

Une opposition idéologique

 Du côté des Insoumis, le député Éric Coquerel dénonce un projet au service de l’agrobusiness. « Avec cette loi Duplomb telle qu’elle est, c’est cette vision-là qui est en train de gagner« , a-t-il estimé sur BFMTV-RMC.

« Certains produits sont non seulement mauvais pour les abeilles, les humains, mais en premier lieu pour les agriculteurs qui en meurent souvent« , a-t-il averti.

Pour lui, « il faut aller vers une nouvelle forme d’agriculture qui en plus permet aux agriculteurs de mieux en vivre, et ce n’est pas du tout ce que prévoit ce texte« .

Des tensions et des menaces

Ces derniers jours, plusieurs permanences parlementaires ont été dégradées ou menacées. « Rien ne justifie les menaces et la violence », a réagi Arnaud Rousseau. Toutefois, il a reconnu le « sentiment d’exaspération » des agriculteurs, qui se sentent « floués, baladés« .

« Vous ne pouvez pas non plus expliquer à des gens qui attendent des décisions depuis un an et demi que finalement, ils auraient tort de s’agacer« , a-t-il souligné.

Marc Fesneau, président du groupe MoDem à l’Assemblée, a pour sa part rappelé que c’est aux députés « d’organiser les débats« .

Les plus populaires