- L’eau de la fontaine des Innocents, en plein cœur de la capitale, a viré au rouge ce mercredi matin.
- Une poignée de militants, issus de plusieurs ONG, y ont versé des litres de colorant alimentaire pour dénoncer la situation humanitaire catastrophique dans la bande de Gaza et fustiger la « lenteur » de la France à agir.
Brandissant des pancartes frappées de slogans tels que « Stop au bain de sang » et « Macron doit enfin agir« , les manifestants – issus de Greenpeace France, Oxfam France, Amnesty International France, Médecins du Monde et Ekō – ont voulu marquer les esprits. Leur message est clair : la France doit prendre ses responsabilités face à ce qu’ils qualifient de « désastre humanitaire » dans l’enclave palestinienne.
« Les personnes à Gaza ont besoin de tout, c’est une question de survie« , a martelé Clémence Lagouardat, coordinatrice humanitaire d’Oxfam, qui a rappelé que depuis près de trois mois, rien ou presque n’entre dans la bande de Gaza en raison du blocus imposé par Israël.
Une crise humanitaire d’ampleur
Depuis l’attaque du 7 octobre 2023 menée par le Hamas contre Israël, qui a coûté la vie à 1.218 personnes côté israélien – majoritairement des civils – et entraîné la capture de 251 otages, l’armée israélienne mène une offensive prolongée à Gaza. Selon le ministère de la Santé du Hamas, dont les données sont jugées fiables par l’ONU, plus de 54.056 Palestiniens, en grande majorité des civils, ont péri sous les bombardements.
La situation humanitaire est décrite comme alarmante, les livraisons d’aide humanitaire ayant été bloquées pendant plus de deux mois. Bien qu’Israël ait récemment repris les livraisons au compte-gouttes, cela reste insuffisant face aux besoins vitaux de 2,4 millions d’habitants.

« On ne peut pas dire qu’on ne savait pas »
Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France, a dénoncé ce qu’il considère comme un « génocide en cours », fustigeant l’inaction des responsables politiques. « On ne peut pas dire qu’on ne savait pas, qu’on ne voit pas ce qui se passe. L’inaction politique devient une forme de complicité », a-t-il déclaré à l’AFP. Il a mis en garde contre les conséquences dramatiques du blocus humanitaire, soulignant que des centaines de milliers de personnes risquent de mourir du jour au lendemain.
Des demandes précises et urgentes
Ces ONG, parmi lesquelles figurent Greenpeace France, Oxfam France, Amnesty International France, Médecins du Monde et Ekō, appellent la France et les États ayant une influence sur Israël à prendre des mesures immédiates. Elles exigent un cessez-le-feu immédiat et durable pour mettre fin à l’escalade de la violence, ainsi qu’un embargo total sur les armes afin d’empêcher toute aggravation du conflit.
Elles demandent également un soutien concret aux procédures judiciaires en cours devant la Cour pénale internationale, la mise en œuvre des décisions de la Cour internationale de justice, et une révision de l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël. Pour ces organisations, l’inaction équivaut à une complicité tacite et il est impératif que les autorités françaises et européennes fassent pression sur Israël pour protéger la population civile de Gaza.
Cette action spectaculaire à la fontaine des Innocents vise à interpeller l’opinion publique et les autorités, à travers un geste aussi frappant que le contexte qu’il dénonce. Tandis que les regards du monde entier se tournent vers Gaza, la société civile française entend rappeler l’urgence d’une réponse humanitaire et politique face à la gravité de la situation.
