15.6 C
Paris
vendredi, mars 20, 2026
AccueilActualitéTrump double les droits de douane sur l’acier et l’aluminium : 50...

Trump double les droits de douane sur l’acier et l’aluminium : 50 % dès aujourd’hui

Date:

  • Alors que les tensions commerciales repartent à la hausse, Donald Trump frappe fort : le président américain a doublé les droits de douane sur l’acier et l’aluminium importés, les portant à 50 %.
  • Une mesure protectionniste justifiée par des impératifs de sécurité nationale, mais qui provoque une levée de boucliers chez les partenaires des États-Unis, inquiets d’une escalade tarifaire mondiale

Donald Trump persiste et signe. Le président américain a annoncé mardi 3 juin le doublement des droits de douane sur les importations d’acier et d’aluminium, les faisant passer de 25 % à 50 %. Cette mesure, jugée stratégique, entre en vigueur dès ce mercredi à 00h01, heure de Washington (06h01 à Paris).

« J’ai estimé qu’il était nécessaire d’augmenter les droits de douane sur l’acier et l’aluminium afin d’ajuster les importations (…) pour s’assurer qu’elles ne mettront pas en péril la sécurité nationale », mentionne Trump dans le décret officiel signé depuis la Maison Blanche.

L’administration américaine justifie cette nouvelle hausse par la nécessité de soutenir deux piliers industriels jugés essentiels à la défense nationale. Le chef d’État affirme vouloir contrer l’invasion d’acier et d’aluminium à bas prix, notamment en provenance de Chine, qui mine la compétitivité des industries locales.

« Ces nouveaux droits de douane seront plus efficaces pour lutter contre l’excès de production bon marché provenant des pays étrangers qui vient miner la compétitivité des industries de l’acier et de l’aluminium des États-Unis », précise le décret.

Un signal protectionniste fort

Cette décision marque une nouvelle étape dans la politique économique de Donald Trump, déjà initiée en mars 2024 avec une surtaxe initiale de 25 %. Une mesure jugée insuffisante : « Même si les droits de douane imposés jusqu’ici ont apporté un soutien essentiel aux prix sur le marché américain, ils n’ont pas permis à ces industries de développer et de maintenir un taux d’utilisation des capacités de production qui soit suffisant pour leur pérennité et au regard des besoins de la défense nationale », indique encore le texte.

Profitant d’un déplacement dans une usine sidérurgique en Pennsylvanie vendredi dernier, le président a martelé  que les industries américaines  » de l’acier et de l’aluminium vont être plus fortes que jamais. »

Une onde de choc internationale

La réaction des partenaires commerciaux des États-Unis n’a pas tardé. Le Canada, principal fournisseur de ces deux métaux vers les États-Unis, a dénoncé une décision « illégale et injustifiée », rappelant avoir déjà saisi l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en mars dernier.

De son côté, le Mexique, qui exporte 80 % de sa production vers son voisin nord-américain, a annoncé vouloir négocier une exemption. Son ministre de l’Économie, Marcelo Ebrard, a qualifié ces mesures de « totalement absurdes ».

 « Ces nouvelles taxes sapent les efforts en cours pour parvenir à une solution négociée avec les États-Unis. », a indiqué de son côté la Commission européenne, regrettant « vivement » cette décision unilatérale.

L’Europe menace désormais de répliquer si elle est spécifiquement ciblée. « Nous devons parvenir à des solutions négociées et ce, le plus rapidement possible, car le temps presse », a insisté mardi la ministre allemande de l’Économie, Katherina Reiche.

Même tonalité en France, où le ministre délégué au Commerce extérieur, Laurent Saint-Martin, a affirmé : « Il faut garder son sang-froid et démontrer toujours que la mise en place de ces droits de douane n’est dans l’intérêt de personne, à commencer par l’économie américaine. »

Une stratégie risquée pour la croissance américaine

Selon l’OCDE, ces choix protectionnistes pourraient peser lourdement sur l’économie américaine. L’organisation prévoit désormais un net ralentissement de la croissance en 2025, attendue à 1,6 % contre 2,4 % en 2024.

Les taxes sur l’acier et l’aluminium, premières à avoir été mises en place en mars 2024, pourraient bientôt être suivies de mesures similaires sur l’automobile, les produits pharmaceutiques et les semi-conducteurs. Autant de secteurs clés qui risquent d’être frappés par cette stratégie tarifaire offensive, seule à avoir jusqu’ici résisté à un blocage judiciaire.

Les plus populaires