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Chine : chute des exportations vers les États-Unis et déflation persistante en mai 2025

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  • Le moteur exportateur chinois montre des signes de faiblesse alors que la pression internationale s’intensifie.
  • Entre guerre commerciale, déflation persistante et consommation en berne, l’économie chinoise navigue en eaux troubles.

   En mai 2025, l’économie chinoise donne de nouveaux signes de ralentissement. Les exportations du pays n’ont progressé que de 4,8 % sur un an, bien en deçà des attentes des analystes. Les tensions commerciales avec les États-Unis, marquées par une chute de 12,7 % des ventes vers ce marché clé, accentuent la pression.

À cela s’ajoute une déflation persistante, reflet d’une demande intérieure fragile. Alors que les négociations sino-américaines reprennent à Londres, la Chine tente de stabiliser une économie mise à mal sur plusieurs fronts.

Un ralentissement plus marqué que prévu, reflet des tensions internationales

Les dernières statistiques publiées par les Douanes chinoises révèlent une progression des exportations limitée à 4,8 % en mai, alors que les analystes anticipaient une hausse de 6 %. Ce chiffre déçoit et illustre les difficultés croissantes auxquelles l’économie chinoise est confrontée dans un contexte de ralentissement global de la demande mondiale.

Particulièrement frappante : la baisse des exportations vers les États-Unis, qui chutent de 12,7 % en un mois. En cause, le durcissement des mesures protectionnistes décidées par l’administration Trump, relançant la guerre commerciale entre les deux puissances économiques. En mai, les exportations vers les États-Unis sont passées de 33 milliards à 28,8 milliards de dollars, selon les données officielles.

Une déflation persistante, signe de consommation en berne

Au-delà du commerce extérieur, la Chine fait face à une pression déflationniste préoccupante. L’indice des prix à la consommation (CPI) a reculé de 0,1 % sur un an en mai, pour le quatrième mois consécutif. Ce phénomène indique un manque de dynamisme de la demande intérieure, malgré la fin de la pandémie et les tentatives de relance.

Les ménages, confrontés à une crise de l’immobilier et à un taux de chômage élevé chez les jeunes, freinent leurs dépenses. La déflation, loin d’être une bonne nouvelle, alimente un cercle vicieux économique : recul de la consommation, baisse de la production, gel des embauches, voire licenciements dans certains secteurs.

Marges en baisse : les industriels en difficulté

Autre indicateur inquiétant : l’indice des prix à la production (PPI), qui mesure l’évolution des prix à la sortie des usines, a reculé de 3,3 % en mai sur un an, contre -2,7 % en avril. Ce repli accentué illustre la baisse des marges des entreprises industrielles chinoises, qui peinent à maintenir leur rentabilité dans un climat de demande affaiblie et de concurrence exacerbée.

Reprise du dialogue sino-américain à Londres

C’est dans ce contexte économique tendu que Chinois et Américains ont repris ce lundi à Londres leurs discussions commerciales. Il s’agit du deuxième round de négociations formelles depuis la relance des tensions douanières.

La délégation américaine, conduite par le secrétaire au Trésor Scott Bessent, comprend également le secrétaire au Commerce Howard Lutnick et le représentant de la Maison Blanche pour le Commerce Jamieson Greer. Côté chinois, les discussions sont menées par le vice-Premier ministre He Lifeng.

Les deux camps espèrent prolonger la trêve commerciale instaurée à Genève le mois dernier, et avancer vers un accord de désescalade douanière. Quelques jours auparavant, un appel téléphonique entre Donald Trump et Xi Jinping avait été jugé « très positif » par le président américain, laissant entrevoir un possible dégel diplomatique.

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