- La CFDT ferme la porte à toute reprise des négociations sur la réforme des retraites.
- Sa secrétaire générale, Marylise Léon, exige des engagements concrets sur la pénibilité et un effort financier équitable des entreprises.
- Le gouvernement, lui, menace de trancher seul.
À peine relancée, la tentative de reprise du dialogue sur la réforme des retraites se heurte à un refus catégorique de la CFDT. Vendredi matin, sa secrétaire générale, Marylise Léon, a opposé une fin de non-recevoir à la proposition de François Bayrou d’ouvrir un nouveau cycle de discussions avec le patronat et les syndicats.
« Nous ne voulons pas de nouvelles séances de négociation », a-t-elle déclaré, rappelant que « le conclave est terminé depuis lundi ».
Une réponse sèche à l’appel du Premier ministre, qui espérait prolonger les concertations jusqu’à la mi-juillet pour parvenir à un compromis. Mais pour la CFDT, le temps du dialogue est clos, sauf à engager des mesures concrètes sur deux points jugés « extrêmement importants et structurants » : la pénibilité et le financement du système de retraites.
Une ligne rouge : la pénibilité
Marylise Léon a insisté sur l’exigence d’une reconnaissance accrue de la pénibilité dans le futur système, condition sine qua non à tout accord.
« Si à un moment, le gouvernement veut trouver une voie d’équilibre, il faut qu’il comprenne que, pour mon organisation, il n’y a pas de voie de passage sans la réparation sur la pénibilité, avec le dispositif qu’on a proposé », a-t-elle affirmé, précisant que le bureau national de la CFDT avait rendu un avis « unanime » en ce sens.
Une réforme sans les entreprises ? Inacceptable, dit la CFDT
La syndicaliste a également mis en cause la position du patronat, jugée trop attentiste face à l’effort de réforme.
« Aujourd’hui, les entreprises ne peuvent pas continuer de dire que c’est sans elles. On ne peut pas dire qu’on négocie, qu’on discute, mais qu’on ne participe pas à l’effort. Ça ne peut pas fonctionner comme ça« , a-t-elle dénoncé, appelant à une répartition plus équitable des efforts financiers.
Bayrou et le gouvernement misent sur un compromis
De son côté, François Bayrou continue de croire à une issue positive. Jeudi, il avait salué des « avancées » déjà actées, notamment l’amélioration du calcul de la retraite pour les femmes ayant eu des enfants ou encore l’abaissement de l’âge de départ sans décote à 66 ans et demi, contre 67 aujourd’hui.
Pour lui, le travail du « conclave » a été « remarquablement utile », et un compromis final est « à portée de main » sur la prise en compte de la pénibilité. La porte-parole du gouvernement, Sophie Primas, s’est voulue rassurante :
« S’il faut 24 heures de plus, peut-être qu’il faudra trois jours de moins, mais il faut aller au bout de cet accord », a-t-elle déclaré.
Vers une réforme imposée par le gouvernement ?
Mais face à l’inflexibilité croissante des partenaires sociaux, l’exécutif n’exclut plus de légiférer seul. Vendredi, François Bayrou a durci le ton en affirmant que « si les syndicats et le patronat considèrent que ce n’est plus leur heure, on tranchera ».
« Dans le projet de budget de la Sécurité sociale, il y aura un texte, qu’il y ait eu un accord préalable ou qu’il y ait eu seulement les travaux préparatoires à un accord », a-t-il prévenu, en marge d’un déplacement à Briançon.
Une réforme de plus en plus crispée
Alors que l’échéance approche, le climat autour de la réforme des retraites se tend. Si le gouvernement continue de défendre une méthode de concertation, la CFDT campe sur ses positions, exigeant des mesures concrètes sur la pénibilité et une participation équitable des entreprises. En cas de blocage persistant, c’est le Parlement qui tranchera, avec le risque d’un passage en force.
