Gabriel Attal souhaite remplacer l’âge légal de départ à la retraite par un système universel fondé sur la durée de cotisation, avec une décote en cas de départ anticipé.
En pleine recomposition politique à l’approche de 2027, Gabriel Attal, chef du parti présidentiel Renaissance, a dévoilé mardi matin sur Franceinfo les contours d’une réforme des retraites inédite : un système sans âge légal de départ, reposant uniquement sur une durée minimale de cotisation.
« Vous choisissez quand vous partez, mais par contre si vous partez avant que vous ayez votre durée de cotisation, vous partez avec une décote« , a-t-il affirmé. Une décote qui serait « très importante si vous partez très très tôt« , a précisé l’ancien Premier ministre.
« Un système devenu un gruyère »
Cette proposition s’inscrit dans un diagnostic sévère du système actuel, que Gabriel Attal juge inefficace et trop complexe.
« Ces trente dernières années, on a eu cinq réformes, qui ont reculé pour un certain nombre d’entre elles l’âge légal, et elles se sont toujours faites dans la douleur« , a-t-il rappelé, en référence aux réformes successives menées depuis les années 1990.
Selon lui, malgré ces efforts répétés, le déficit structurel du système de retraites n’a jamais été résorbé.
« On a un système qui est devenu tellement complexe, avec des régimes spéciaux, avec des exceptions, avec la prise en compte de ci et de ça, qu’en réalité ça ne parvient même pas à combler le déficit du système de retraites« , a-t-il dénoncé.
Attal fustige également l’inefficacité des hausses de l’âge légal, face à la multitude d’exemptions qui en réduisent les effets concrets.
« Vous avez tellement d’exceptions et de régimes spéciaux que vous avez beau dire que l’âge légal augmente de deux ans, en moyenne les Français vont partir six mois plus tard« , a-t-il poursuivi. Résultat : un système qu’il qualifie sans détour de « gruyère« .
Une réforme « pour les moins de 45 ans »
Face à ce constat, Gabriel Attal appelle à un nouveau contrat social, tourné vers les générations futures.
« Un nouveau système de retraites pour ma génération, celle des moins de 45 ans« , a-t-il lancé, plaidant pour un dispositif plus lisible et équitable, avec « les mêmes règles pour tout le monde« .
Le projet évoque une réforme proche de celle — avortée — de la retraite par points, défendue par Édouard Philippe lorsqu’il était à Matignon. Mais cette fois, le critère unique serait la durée de cotisation.
Vers une adaptation continue de la durée de cotisation
Gabriel Attal propose de maintenir une durée minimale de cotisation, actuellement fixée à 43 ans pour une retraite à taux plein. Mais cette durée n’est pas figée, selon lui.
« Si l’espérance de vie continue à augmenter, évidemment que la durée devra continuer à augmenter« , a-t-il estimé.
L’ancien Premier ministre se montre ainsi favorable à un ajustement dynamique du système, plus souple qu’un âge légal fixe.
Une ouverture à la capitalisation, mais sans rupture
Enfin, Gabriel Attal propose de renforcer la part de capitalisation dans le financement des retraites, sans pour autant remettre en cause le système par répartition.
« Ce ne serait pas une part de notre système qui basculerait en capitalisation« , a-t-il précisé. L’idée serait plutôt de faire croître « la part des Français qui ont accès à la capitalisation, en plus du système actuel« , grâce à des « mesures incitatives, notamment fiscales« .
Une orientation qui vise à diversifier les sources de revenus à la retraite, tout en préservant les fondements du modèle français.
Une proposition clé à l’approche de 2027
Ce projet de réforme des retraites s’inscrit dans une série de propositions économiques que Gabriel Attal entend porter dans la perspective de la présidentielle de 2027. En capitalisant sur son expérience gouvernementale et sur les limites observées lors de la réforme portée par Élisabeth Borne, l’ancien Premier ministre veut désormais offrir une alternative claire, plus efficace et mieux acceptée.
« Beaucoup de douleurs, beaucoup de dégâts politiques, beaucoup d’inquiétudes et d’angoisses chez les Français, pour des effets qui sont en réalité très réduits« , a-t-il résumé, en forme d’avertissement.
