- Face aux enjeux géoéconomiques liés aux ressources stratégiques, l’Algérie engage une réforme majeure de son secteur minier.
- À travers une nouvelle loi axée sur la transparence, la numérisation et l’ouverture maîtrisée aux investissements étrangers, le pays veut devenir un acteur de l’industrie minière régionale, sans céder sur la souveraineté de ses richesses.
Le gouvernement algérien renforce sa stratégie de modernisation du secteur minier. Le ministre de l’Énergie, des Mines et des Énergies renouvelables, Mohamed Arkab, a annoncé la création prochaine d’un portail électronique consacré aux sites miniers, dans le cadre de la nouvelle loi sur les mines adoptée par le Parlement.
Cette plateforme numérique permettra aux investisseurs d’accéder à une cartographie détaillée des ressources géologiques disponibles, dans un souci de transparence et de rationalisation des procédures. Ce projet s’inscrit dans le programme de numérisation de l’économie et vise à renforcer l’attractivité du secteur minier algérien.
« Le portail offrira une meilleure visibilité sur les opportunités d’exploration, conformément aux principes de transparence consacrés par la nouvelle législation », a souligné Mohamed Arkab lors de son intervention devant le Conseil de la nation.
Un cadre juridique repensé pour un climat d’affaires amélioré
Adoptée après plus de trois ans de concertation, la nouvelle loi sur les mines ambitionne de corriger les lacunes du précédent texte, en introduisant des normes plus claires pour l’octroi des licences, une gouvernance renforcée, et une égalité d’accès aux projets pour tous les investisseurs.
Parmi les mesures phares figure la création d’une Banque nationale des informations géologiques, qui centralisera l’ensemble des données disponibles afin de faciliter la prise de décision des opérateurs économiques.
Souveraineté des ressources et ouverture contrôlée au capital étranger
Mohamed Arkab a tenu à rassurer sur la souveraineté de l’État sur les ressources minières. Le texte confirme que l’ensemble des substances minérales et fossiles, qu’elles soient exploitées ou non, demeure propriété publique.
L’ouverture du capital des projets miniers à des partenaires étrangers ne constitue pas une remise en cause de cette souveraineté, selon le ministre, mais bien un mécanisme de levier économique :
« L’investissement étranger est un atout pour attirer les technologies, les capitaux et l’expertise, indispensables à un secteur à forte intensité de capital et à haut risque », a-t-il précisé.
Objectif : faire de l’Algérie un pôle minier régional
La suppression de la règle 49/51, jugée contraignante, marque un tournant stratégique dans la politique d’attractivité de l’Algérie. Elle devrait faciliter l’entrée de nouveaux partenaires et encourager les co-entreprises, notamment dans les domaines du lithium, du fer, du phosphate et des terres rares.
Le texte prévoit également de soutenir l’investissement local, de promouvoir la transformation sur le territoire national des ressources extraites, et de favoriser le développement des compétences via le transfert de savoir-faire.
Un objectif salué par la commission des Affaires économiques et financières du Conseil de la nation, qui voit dans cette réforme « une base solide pour ériger l’Algérie en hub minier régional à l’horizon 2030 ».
