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Importations tunisiennes surtaxées : les États-Unis imposent 25 % de droits de douane

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  • Donald Trump annonce l’imposition de droits de douane à hauteur de 25 % sur les importations tunisiennes dès le 1er août 2025.
  • Une décision à fort impact pour l’économie tunisienne, notamment dans les secteurs du textile, de l’agroalimentaire et de l’électronique, qui comptent sur le marché américain.

   C’est une décision qui pourrait bouleverser les échanges commerciaux entre la Tunisie et les États-Unis. Le président américain Donald Trump a annoncé, lundi 7 juillet, l’instauration de droits de douane de 25 % sur les produits importés de Tunisie, à compter du 1er août prochain.

Cette nouvelle mesure protectionniste s’inscrit dans une politique commerciale plus large initiée par l’administration Trump depuis avril. L’objectif affiché : rééquilibrer la balance commerciale américaine et protéger les industries locales.

Une vague tarifaire mondiale

La Tunisie rejoint une liste grandissante de pays visés par les hausses tarifaires américaines. Parmi les nations concernées : l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, l’Égypte ou encore le Maroc, tous frappés à hauteur de 10 %. D’autres pays, comme la Jordanie (20 %) ou le Bangladesh (35 %), subissent des taux plus sévères. Dans ce contexte, les 25 % annoncés pour la Tunisie marquent une inflexion nette dans la relation commerciale bilatérale.

Selon Washington, cette politique s’applique désormais à plus de 180 pays dans le monde.

L’export tunisien en zone de turbulence

La mesure suscite une vive inquiétude chez les exportateurs tunisiens, particulièrement dans les secteurs du textile, de l’agroalimentaire et de la sous-traitance électronique, tous fortement dépendants du marché américain.

En 2024, les exportations tunisiennes vers les États-Unis avaient dépassé les 2 milliards de dinars, générant un excédent commercial de 216 millions de dinars.

Si le ministère tunisien du Commerce ne s’est pas encore exprimé officiellement, plusieurs observateurs appellent à une réaction rapide, via la voie diplomatique ou un recours auprès de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Certains qualifient déjà cette décision américaine d’« unilatérale et discriminatoire ».

Un dialogue toujours possible

Dans un communiqué diffusé ce mardi, l’AmCham Tunisie (Chambre de commerce américaine en Tunisie) se veut plus mesurée. Elle souligne que la Tunisie n’est pas un cas isolé et que la décision de Donald Trump s’inscrit dans une stratégie globale :

« Il est important de noter que cette correspondance est identique à celles envoyées à plusieurs autres partenaires économiques stratégiques, notamment le Japon, la Corée du Sud, la Malaisie et neuf autres pays. »

L’organisation rappelle que la Tunisie figurait initialement dans une première vague de hausses tarifaires dévoilée en avril dans le cadre de l’initiative « Liberation Day », avec un taux de 55 %. Grâce à un dialogue rapide, ce taux avait été abaissé à 28 %, puis à 10 %.

La lettre du 7 juillet comprend deux points jugés encourageants :

  1. Un délai jusqu’au 1er août est accordé pour conclure un accord bilatéral.
  2. En l’absence d’accord, le tarif de 25 % reste inférieur aux taux initialement envisagés, ce que l’AmCham décrit comme « un allègement tarifaire significatif ».
« Ces éléments témoignent d’une volonté d’ouverture de la part des États-Unis, ainsi que de la reconnaissance de la Tunisie comme partenaire fiable et stratégique », souligne encore l’organisation.

Un test pour Tunis

À moins d’un mois de l’entrée en vigueur de la mesure, les regards se tournent vers les autorités tunisiennes. Pour certains analystes, cette situation pourrait servir de test à la capacité du pays à défendre ses intérêts économiques dans un monde en recomposition.

« Nous restons confiants dans l’issue positive des négociations en cours », conclut l’AmCham, qui appelle les entreprises tunisiennes à rester sereines et à « maintenir le cap sur l’investissement, la compétitivité et la coopération ».

Dans un climat commercial mondial de plus en plus tendu, la Tunisie joue désormais une partie délicate entre fermeté diplomatique et volonté de préserver ses débouchés économiques.

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