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Investissements dans le ferroviaire : le gouvernement injecte 1,5 milliard d’euros par an pour moderniser le réseau SNCF

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  • Face à l’urgence de moderniser les infrastructures et d’accélérer la transition écologique, le gouvernement annonce un plan d’investissement massif dans le réseau ferroviaire.
  • Dès 2028, 1,5 milliard d’euros supplémentaires par an seront consacrés à la rénovation du rail français. Une « décision historique » saluée par la SNCF.

   Le gouvernement s’engage à relancer massivement l’investissement dans le réseau ferroviaire français. Mercredi, le ministre des Transports, Philippe Tabarot (LR), a présenté un projet de loi fixant un objectif d’augmentation de 1,5 milliard d’euros par an des financements dédiés au rail, pour atteindre 4,5 milliards d’euros en 2028.

Cette mesure s’inscrit dans la suite des travaux de la conférence Ambition France Transports, et répond à une urgence soulignée depuis plusieurs années par les professionnels du secteur.

« Le rapport publié par le ministère des Transports qui entérine l’affectation de ressources vers la régénération et la modernisation du réseau ferroviaire est une excellente nouvelle », a réagi Jean-Pierre Farandou, PDG de la SNCF.

Un tournant stratégique pour le rail français

Le projet s’appuie sur 14 propositions clés, issues de la conférence nationale sur le financement des transports, présidée par l’ancien secrétaire d’État Dominique Bussereau. Dans son rapport, ce dernier alerte sur le risque d’un « effondrement » du réseau ferroviaire si un effort financier massif et immédiat n’est pas engagé.

« Il s’agit de mobiliser un milliard d’euros supplémentaires chaque année pour maintenir en vie le réseau, et surtout de prendre des décisions dès maintenant afin de programmer les travaux indispensables dès 2027 », souligne le rapport présenté mercredi.

Pour Jean-Pierre Farandou, président de la SNCF, cette initiative marque une étape décisive : « C’est une décision historique, qui bénéficiera directement à nos clients, aux territoires et à l’industrie ferroviaire », affirme-t-il, saluant un engagement fort de l’État.

Il insiste également sur la portée écologique de cette stratégie : « Les orientations retenues sécurisent l’avenir du ferroviaire français, indispensable à la décarbonation des transports. »

Un financement complexe mais structuré

Pour atteindre ces objectifs, le gouvernement mise sur un nouveau modèle de concessions autoroutières, dont les recettes seraient intégralement fléchées vers les infrastructures de transport, à hauteur de 2,5 milliards d’euros par an, selon Philippe Tabarot.

Les bénéfices de la SNCF, la mobilisation de capitaux privés et le recours à des certificats d’économie d’énergie complèteront ce montage financier. Toutefois, certaines propositions pourraient faire grincer des dents.

Le rapport Bussereau évoque en effet la possibilité de recourir à l’emprunt pour la SNCF, voire de céder certains actifs, y compris immobiliers, pour couvrir les besoins. Des suggestions potentiellement mal accueillies par une entreprise encore convalescente sur le plan financier.

« L’assainissement de la situation financière de la SNCF est l’une des fiertés de Jean-Pierre Farandou », rappelle-t-on dans le rapport, soulignant que le groupe a affiché quatre exercices bénéficiaires consécutifs et une dette nette maîtrisée à 24,7 milliards d’euros en 2024.

Parallèlement, le rapport explore des sources de financement complémentaires, certaines plus consensuelles que d’autres. Une taxe temporaire de 2 % sur les billets de TGV a été évoquée, mais n’a « pas fait consensus » lors de la conférence.

D’autres mesures fiscales sont en discussion comme l’augmentation progressive de la TICPE sur les carburants pour les transporteurs routiers, générant jusqu’à 1,2 milliard d’euros d’ici 203, ou encore la création d’une écotaxe régionale pour les poids lourds étrangers. 

La SNCF, qui compte sur cette future loi pour programmer ses grands travaux dès 2027, voit dans cette dynamique une reconnaissance de son rôle stratégique dans la transition énergétique.

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