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Réforme de l’audiovisuel public : le Sénat adopte France Médias malgré un vote bloqué contesté

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  • Sous haute tension, les sénateurs ont approuvé vendredi 11 juillet, en seconde lecture, la réforme controversée de l’audiovisuel public.
  • La création d’une holding baptisée France Médias a été validée, malgré l’opposition virulente de la gauche et un recours exceptionnel au “vote bloqué”.

   Une adoption express dans une atmosphère électrique. À la veille de la coupure estivale du Parlement, le Sénat a adopté vendredi la proposition de loi du centriste Laurent Lafon visant à réorganiser l’audiovisuel public. Le texte, approuvé par 194 voix contre 113, prévoit la création au 1er janvier 2026 d’une structure unique, France Médias, qui regroupera France Télévisions, Radio France et l’Institut national de l’audiovisuel (INA).

Derrière ce vote, pourtant, une scène politique sous tension. La réforme, soutenue par le gouvernement, a suscité une levée de boucliers sur les bancs de gauche. La ministre de la Culture, Rachida Dati, a déclenché vendredi matin le « vote bloqué« , un outil constitutionnel rare qui permet d’écourter les débats et de faire adopter un texte en bloc.

Un “49.3 sénatorial” qui fait scandale

L’annonce a provoqué un tollé. “On est face à un effondrement démocratique”, a fustigé Guillaume Gontard, chef de file des écologistes au Sénat. La gauche, vent debout contre la réforme, dénonce une manœuvre autoritaire. Plusieurs élus sont allés jusqu’à évoquer une “confiscation du débat parlementaire” orchestrée par le gouvernement avec le soutien de la droite sénatoriale.

La veille, les débats avaient déjà été marqués par une avalanche de suspensions de séance, des rappels au règlement et de nombreuses interruptions, illustrant l’hostilité de l’opposition. À la fin de la première journée, seuls 27 des 330 amendementsavaient été examinés.

Un texte vidé de ses opposants

 Vendredi après-midi, le décor est planté : les élus de gauche quittent l’hémicycle. « Le spectacle que vous nous offrez aujourd’hui est particulièrement lamentable, on est face à un effondrement démocratique, un effondrement de nos institutions », lance Guillaume Gontard, président du groupe écologiste

Dans un Sénat déserté de toute opposition, l’examen des amendements restants est expédié en moins d’une heure.

Le texte est finalement adopté, sans surprise, grâce à l’appui des sénateurs LR et centristes. En revanche, les macronistes du groupe RDPI ainsi que les proches d’Édouard Philippe (groupe Les Indépendants) choisissent l’abstention, révélant des fractures internes sur le fond et la forme de la réforme.

Une réforme perçue comme une reprise en main politique

Officiellement, la réforme vise à renforcer la coordination des opérateurs publics et à rationaliser la gouvernance de l’audiovisuel. Mais ses détracteurs y voient une tentative de centralisation politique, une mise sous tutelle déguisée de l’information publique, et une coupe budgétaire à peine voilée.

On parle de liberté de la presse, mais commençons par respecter les droits du Parlement”, a lancé l’ancienne ministre Laurence Rossignol, dénonçant le passage en force du gouvernement.

Prochaine étape : l’Assemblée nationale à l’automne

Le texte doit désormais repartir à l’Assemblée nationale pour une nouvelle lecture, probablement à l’automne, à la reprise des travaux parlementaires prévue le 22 septembre. L’ambiance s’annonce tout aussi houleuse. Lors de la première lecture, la réforme avait déjà été rejetée après une motion surprise déposée par les écologistes, en l’absence de nombreux députés de la majorité.

Rachida Dati, qui défend cette réforme avec vigueur depuis son arrivée rue de Valois, devra une nouvelle fois affronter la fronde syndicale, la division politique et un calendrier parlementaire sous pression.

 

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