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vendredi, mars 20, 2026
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Budget 2026 : Sophie Binet dénonce une « année blanche » synonyme d’austérité sociale

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  • La secrétaire générale de la CGT s’élève contre la piste budgétaire évoquée par le gouvernement pour 2026.
  • Selon elle, le gel des dépenses publiques reviendrait à faire payer aux plus modestes les choix économiques de l’exécutif.

   À quelques heures de la présentation du projet de Budget 2026 par le Premier ministre, une voix syndicale s’élève avec force contre l’hypothèse d’une « année blanche ». Sur le plateau de France 2, ce mardi matin, Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, a dénoncé une mesure « injuste », voire « dangereuse » pour le pouvoir d’achat des Français et l’avenir des services publics.

« L’année blanche, c’est en réalité une année noire pour les travailleuses et les travailleurs, pour les services publics », a-t-elle lancé sans détour.

L’option envisagée par l’exécutif consisterait à reconduire certaines dépenses de l’État à l’identique en 2026 — retraites, prestations sociales, budgets ministériels — sans ajustement à l’inflation. Une manière de geler la dépense publique pour contenir un déficit estimé à 5,8 % du PIB en 2024.

Mais pour la CGT, cette approche budgétaire revient à faire peser l’austérité sur les plus vulnérables. « Toutes et tous, nous perdrions en pouvoir d’achat. Cela appauvrit tout le monde », a estimé Sophie Binet, pointant un désengagement de l’État au moment où les besoins sociaux explosent.

Priorités budgétaires contestées

La syndicaliste a également fustigé l’augmentation annoncée du budget de la Défense, avec 3,5 milliards d’euros supplémentaires en 2026 et 3 milliards en 2027, selon les annonces d’Emmanuel Macron.

« Ces milliards pour la défense se feraient au détriment des services publics et des Françaises et des Français », a-t-elle regretté, dénonçant une politique de priorités inversées.

« On finance des Rafale en fermant des hôpitaux. Les Françaises et les Français n’ont pas besoin de Rafale, ils ont besoin de Canadairs. », a -t-elle ajouté

Assurance chômage : une réforme de trop ?

Parmi les pistes pour dégager 40 milliards d’euros d’économies, une nouvelle réforme de l’assurance-chômage est également sur la table. Une idée que la CGT rejette avec fermeté.

« Il faut que le gouvernement arrête d’instrumentaliser les organisations syndicales. On a très mal vécu la séquence du conclave », a déclaré Sophie Binet, en référence aux discussions récentes avec les partenaires sociaux.

« On nous demande de négocier alors qu’un accord a été signé il y a six mois et qu’il n’a même pas été transposé dans la loi », a-t-elle poursuivi. « Depuis qu’Emmanuel Macron est président de la République, il y a eu au moins quatre réformes de l’assurance chômage. »

Travailler plus ? Une impasse sociale

Le discours gouvernemental sur la nécessité de « travailler plus » n’a pas non plus trouvé grâce aux yeux de la numéro 1 de la CGT.

« Je suis scandalisée », a-t-elle réagi. « Ça fait un an que la CGT alerte sur les licenciements et les fermetures d’entreprises. Non seulement le gouvernement refuse de lever le petit doigt, mais en plus il nous explique qu’il faudrait travailler plus, comme si on faisait exprès d’être au chômage. »

Elle a aussi rejeté l’idée de supprimer un jour férié pour augmenter le temps de travail, estimant que cela reviendrait à « travailler gratuitement » : « C’est travailler plus pour gagner moins. »

Qui doit payer la crise ?

Face à la pression sur les finances publiques, Sophie Binet a plaidé pour un rééquilibrage fiscal en faveur de la justice sociale.

« Il faut aller chercher l’argent là où il est : dans la poche des actionnaires, des rentiers et des plus riches, qui n’ont jamais été aussi riches », a-t-elle déclaré.

La dirigeante syndicale a dénoncé une logique économique où la distribution de dividendes prime sur l’investissement : « Aujourd’hui, dans les grandes entreprises, on donne plus d’argent aux actionnaires que pour les investissements d’avenir. »

Un constat d’autant plus alarmant selon elle que les inégalités explosent : « Il y a des millions de Françaises et de Français qui ne peuvent pas emmener leurs enfants en vacances, et on parle de leur imposer de nouveaux sacrifices. »

Aides publiques : la CGT exige des comptes

Enfin, Sophie Binet a mis en lumière les 211 milliards d’euros d’aides publiques versées aux entreprises, dont l’usage reste flou.

« C’est l’éléphant dans la pièce. On n’a jamais donné autant d’argent à nos entreprises, sans condition, sans évaluation », affirme -t-elle, en appelant à une réorientation vers les entreprises vertueuses, qui respectent des critères sociaux et environnementaux.

 

 

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