Le constructeur automobile aux 15 marques accuse un net revers, plombé par des ventes en baisse en Europe et aux États-Unis, des charges exceptionnelles et l’impact des nouveaux droits de douane. Une reprise est espérée au second semestre.
Stellantis traverse une zone de turbulences. Le groupe franco-italo-américain a annoncé, lundi 21 juillet, une perte nette de 2,3 milliards d’euros au premier semestre 2025, selon des résultats préliminaires. En 2024, à la même période, l’entreprise affichait encore un bénéfice de 5,6 milliards d’euros. Cette chute brutale s’explique par une combinaison de facteurs économiques, industriels et géopolitiques.
Une conjoncture défavorable sur ses deux principaux marchés
En Amérique du Nord, les ventes ont été durement frappées par l’entrée en vigueur de nouveaux droits de douane. Le groupe fait état d’une baisse de 25 % des livraisons sur un an, soit 109 000 véhicules de moins. En Europe, le recul est plus modéré mais significatif, avec une chute de 6 %, liée à une phase de transition industrielle, marquée par le retrait de plusieurs modèles thermiques emblématiques.
« Les arrêts temporaires de production en réponse aux nouveaux tarifs douaniers et la montée en cadence de nouveaux modèles en Europe ont pesé lourdement sur notre performance », souligne Stellantis dans son communiqué.
Des charges exceptionnelles et une stratégie encore en gestation
Le constructeur évoque également 3,3 milliards d’euros de charges nettes avant impôts, imputées à l’abandon de certains programmes, des dépréciations d’actifs et aux coûts réglementaires. Ces éléments ont été exclus du résultat opérationnel courant, précise l’entreprise.
Stellantis reconnaît que les mesures stratégiques en cours – nouvelles plateformes, refonte de l’offre produit – sont encore à un stade préliminaire, mais anticipe un effet positif dès le second semestre 2025.
« Les nouveaux produits devraient générer des effets positifs plus importants au cours du second semestre », promet la direction.
Des poches de croissance hors Europe et Amérique du Nord
Tout n’est pas sombre pour autant. Le groupe souligne une croissance significative dans d’autres régions : +22 % de facturations à l’échelle mondiale hors Europe élargie et Amérique du Nord.
En Amérique du Sud, Stellantis reste leader, notamment au Brésil et en Argentine, tandis qu’au Moyen-Orient et en Afrique, les volumes ont progressé de 30 %.
Antonio Filosa confirmé à la tête du groupe
Dans ce contexte délicat, Stellantis a officialisé la nomination d’Antonio Filosa comme nouveau directeur général. Il succède à Carlos Tavares et aura pour mission de piloter le redressement du groupe.
Le constructeur publiera ses résultats complets le 29 juillet 2025, lors d’une conférence animée par Filosa et le directeur financier Doug Ostermann. Le marché attend avec attention les prochaines annonces pour confirmer ou non un redressement en vue.
